GUERRE SUR INTERNET ET LES TENSIONS AVEC LES ETATS-UNIS

L’affrontement a commencé le 12 janvier lorsque Google a décidé de ne plus censurer la version chinoise de son moteur de recherche et affirmé qu’il s’interrogeait sur la continuation de sa présence en Chine en raison des attaques dont il avait été l’objet en décembre.

Le 19 janvier, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères affirmait : « L’internet chinois est ouvert et il est géré dans le respect de la loi. La loi interdit toute attaque cybernétique sous quelque forme que ce soit ».Le 22 janvier, le ministère demande aux États-unis de cesser ses accusations déraisonnables au nom de la prétendue liberté de l’Internet. D’ailleurs « la constitution chinoise protège la liberté de parole ». La veille, Hillary Clinton avait demandé à tous les gouvernements autoritaires de lever les restrictions qu’ils imposent dans l’usage de l’Internet par les citoyens. De tels propos portent atteinte aux bonnes relations des deux pays, affirme le ministère. Il existe bien un contrôle, mais tous les pays font de même. La Chine doit tenir compte de sa situation propre et de ses traditions culturelles. Outre la pornographie et l’appel au terrorisme et à la violence, elle doit interdire toute « incitation à la subversion du pouvoir d’État » (24 janvier, déclaration du porte-parole du bureau de l’information du gouvernement).

Le départ de Google, quatre ans après son entrée en Chine, est-il sans importance ?
Certaine-ment pas. Les gens qui le consultent sont certes moins nombreux que les utilisateurs du concurrent Baidu mais ils n’ont pas le même niveau d’éducation : une étude de 2009 montre qu’ils étaient quatre fois plus nombreux à disposer d’un diplôme d’enseignement supérieur ; leur revenu aussi est plus élevé. La cessation des activités mettrait au chômage sept cents employés ; surtout, elle isolerait la Chine du reste du monde.

Google est la première entreprise qui ose dire non au pouvoir chinois. Elle a accepté pendant quatre ans de transiger avec les exigences de la censure administrative au nom de la diffusion de l’information. Son site Youtube est bloqué depuis début 2009 au prétexte de la lutte contre la pornographie. Mais les attaques de décembre qui visaient les militants des droits civiques l’ont poussée à réagir : elle risquait sinon de perdre sa réputation et peut-être ses clients ; elle s’est donc placée sur le plan des principes, et a mis en jeu ses gains commerciaux immédiats. La Chine a réaffirmé sa volonté de censure et son droit de qualifier la revendication démocratique de « tentative de subversion du pouvoir d’État ».

Le conflit peut s’étendre de Google vers Yahoo, qui avait accepté de dénoncer le militant Shi Tao, emprisonné pour dix ans. En s’enfermant sur soi, la Chine risque de se couper du reste du monde. La population chinoise devrait alors se contenter d’un réseau internet « à caractéristiques chinoises », comme elle doit déjà accepter une démocratie et des droits de l’homme « à caractéristiques chinoises ».

Autre raison de tension entre États-Unis et Chine : le renforcement du potentiel militaire aérien et maritime face à Taiwan, parallèlement au développement des échanges commerciaux, aériens et touristiques. Les États-Unis vendent des fusées de défense aérienne Patriote à Taiwan cependant que Beijing réaffirme son opposition à toute livraison d’armes au régime insulaire par « quelque pays que ce soit ». Les essais réussis d’interception antimissile du 11 janvier, qui devraient précéder d’autres tests, sont ouvertement présentés comme une réponse au commerce militaire américain.
Bref, il y a partout des tensions.

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