TENSIONS INTERNATIONALES ET DROITS DE L’HOMME

Les droits de l’homme relèvent d’ordinaire des affaires intérieures. C’est pourquoi ce bulletin ne traite habituellement pas de la politique étrangère chinoise. Cependant tensions internationales et situation intérieure ne sont pas entièrement dissociables et leurs liaisons sont parfois fort complexes. Les événements de ce mois en sont une illustration avec une spectaculaire poussée vers l’extérieur du territoire.

Le 7 septembre, un chalutier chinois est venu heurter deux patrouilleurs nippons dans une zone maritime administrée par le Japon, à proximité des îles Diaoyu sur lesquelles la Chine (Beijing et Taipeh) estime avoir des droits historiques. Le navire arraisonné a été restitué, les matelots ont recouvré la liberté le 13 et le capitaine est retourné sur le continent le 25 septembre. Il y eut non seulement quelques manifestations antijaponaises ici et là, d’ailleurs bien encadrées, mais aussi la suspension d’échanges ministériels bilatéraux, l’arrêt de la concertation sur le développement des échanges aériens et maritimes et l’annulation de tournées culturelles et de circuits touristiques, voire une menace de ne plus exporter les terres rares dont l’industrie japonaise a grand besoin. Beijing arrête quatre «espions», demande des excuses ; Tokyo exige des réparations.
Ces effets de manches s’accompagnent de quelques prises de position surprenantes : comme le Guomindang à Taiwan demande instamment le démantèlement des missiles du Fujian pointés vers l’île, Beijing a affirmé que cette requête était déraisonnable puisque les fusées pouvaient servir, dans l’intérêt des deux régimes à défendre les Diaoyu contre l’occupation japonaise. En même temps, le conflit des îles enfonce un coin entre Taiwan et les États-unis puisque Hillary Clinton a rappelé que les Diaoyu étaient incluses dans le périmètre de protection du traité nippo-américain de défense.

Ces tensions servent aussi à justifier le projet de construction d’un porte-avions, ne serait-ce que pour faire pièce à la marine américaine : elle avait déployé le porteavions nucléaire Washington lors des manoeuvres en Mer Jaune de fin juillet ; le bâtiment pourrait revenir pour d’autres manoeuvres en octobre. En mer de Chine méridionale, Beijing réaffirme au nom de l’histoire sa possession des îles et des archipels, rejetant les prétentions des Philippines, de Brunéi, de la Malaisie et du Vietnam, au risque de voir se constituer un bloc hostile au sein de l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est.

De l’autre côté de la Chine, à quelques milliers de kilomètres, un exercice conjoint de lutte contre le terrorisme a rassemblé les armées du groupe de Shanghai. Beijing et Moscou y ont échangé leur expérience et fait cause commune dans la lutte contre les séparatistes islamistes : Ouighours d’un côté, Tchétchènes de l’autre. Ainsi Beijing fait flèche de tous bois, réveillant la cohésion nationale face au Japon, essayant de maintenir la pression militaire sur Taiwan au nom des intérêts communs des Chinois des deux côtés du détroit, développant sa flotte en direction du sud et mobilisant les armées d’Asie centrale pour mieux lutter contre la tentation d’un Turkestan oriental. Sans cesser d’affirmer qu’il ne désire que la paix et l’entente des peuples.

 

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