APRES LA CEREMONIE D’OSLO

Video de la cérémonie du Prix Nobel à Oslo (reportage BFMTV en français)

 

La chaise vide du dix décembre justifie par elle-même l’octroi du prix au lauréat et marquera les esprits ; l’émotion qu’elle a suscitée a effacé une bonne part du prestige que le régime chinois avait pensé obtenir avec l’Exposition universelle et les Jeux olympiques de 2008. Ceux-ci avaient été obtenus grâce à des promesses de progrès des libertés dont aucune ne fut respectée une fois les Jeux terminés.
Les grotesques injonctions faites aux gouvernements de ne pas se rendre à Oslo, les interdictions de voyages à l’étranger à l’encontre des intellectuels libéraux, la ridicule création concomitante d’un prix Confucius ont exposé l’arrogance, le manque de discernement et la maladresse d’un régime qui se croit permis beaucoup de choses, depuis qu’on lui dit, ici et là, que sa croissance autoproclamée allait sauver l’économie mondiale et puisqu’il veut désormais peser de manière décisive sur les affaires de la planète.

Sans doute, le parti communiste est-il mal à l’aise car il ne peut s’empêcher de ternir son image. Lorsqu’il traite Liu Xiaobo de «criminel», il se réfère à des affirmations anciennes, tirées on ne sait d’où, et ne parle pas de la Charte 08, texte qui pourtant a déclenché en deux jours son arrestation. C’est que les principes de cette Charte sont si proches des principes universellement reconnus de la démocratie que les déclarer «criminels» reviendraient à déclarer criminelles et illégitimes la plupart des Constitutions de par le monde. En particulier celles quiposent le principe d’élections libres et pluralistes pour lesquelles le peuple ne serait visiblement pas «prêt».
De même seraient des «criminels» les 12.160 signataires de la Charte 08 – chiffrage du 9 décembre 2010 dont plus de 8.000 à l’intérieur du pays. Ils se réclament des normes habituelles de la démocratie sans trop s’intéresser aux «caractéristiques chinoises» que le parti unique entend définir seul et préserver seul.
La référence à Confucius dans la création d’un prix de substitution se retourne contre ses inventeurs : comment percevra-t-on désormais les plus de cinq cents Instituts Confucius que le régime dissémine à travers le monde pour faire connaître «les valeurs chinoises» si ce n’est comme un biais pour la contestation des valeurs universelles, voire comme un moyen de prendre pied dans l’administration des Universités occidentales?

Le parti chinois s’est consolé comme il a pu, faisant état de nombreux soutiens internationaux : «Malgré les tromperies, les chantages et les menaces, plus de cent pays et organisations internationales ont soutenu la position chinoise et ils représentent la majorité de la population du monde».
De fait, des pays ont accepté de ne pas se faire représenter à la cérémonie du 10 décembre. Après le départ de la Serbie et de l’Ukraine qui se sont rangées dans le camp européen majoritaire, les régimes amis de Beijing restent peu nombreux : Russie, Kazakhstan, Colombie, Tunisie, Arabie Séoudite, Pakistan, Irak, Iran, Vietnam, Afghanistan, Venezuela, Philippines, Egypte, Soudan, Cuba et Maroc. Cette liste confirme l’incapacité du P.C.C. de rallier des régimes à démocratie incontestable. La composition en est claire et n’appelle aucun commentaire.

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