LE VISAGE ALARMANT DE LA REPRESSION

Le régime chinois est-il en train de changer de nature ? La répression s’intensifie et son rythme s’accélère depuis la condamnation du prix Nobel Liu Xiaobo, et particulièrement depuis trois mois. En février, l’arrestation des démocrates et sympathisants les plus en vue des révolutions du monde arabe, la plupart toujours en détention ou déjà envoyés dans les camps de rééducation ; au troisième jour de ce mois d’avril, c’est la disparition de Ai Weiwei. L’artiste irrévérencieux ne s’intéressait pas tellement aux événements de la Méditerranée mais il demandait la vérité sur les responsabilités de l’administration dans les dégâts causés par le tremblement de terre du Sichuan ainsi que dans le scandale du lait contaminé. La famille na pas été informée officiellement de son arrestation ; il n’a pu rencontrer d’avocat.

De Hu Jia à Ai Weiwei, en passant par Liu Xiaobo, Tan Zuoren, Huang Qi, Ran Yunfei, Teng Biao, Ni Yulan, Zhu Yufu et tant d’autres mois connus ou oubliés, la liste des victimes est trop longue pour tenir dans cet encadré. Un pays qui prétend jouer les premiers rôles dans le monde pourrait trouver plus subtil pour se maintenir au pouvoir que d’organiser enlèvements policiers et disparitions forcées à l’encontre de ses plus respectables intellectuels et militants des droits civiques. Avec un effet désastreux sur les opinions publiques de Hongkong et de Taiwan qui n’ont nulle envie de passer sous le rouleau compresseur. Au lieu d’échanges oiseux sur les droits de l’homme qui peuvent se poursuivre jusqu’à la fin des temps, ne vaudrait-il pas mieux oser rire au nez des officiels du régime lorsqu’ils parlent des droits de l’homme «aux caractéristiques chinoises» ?
Un envoi dans les camps de travail pour profession d’idée démocratique est-il compatible avec les droits de l’homme en quelque coin de la terre que ce soit ?
Et est-ce aussi ce que demande la population chinoise ?
Il est aisé d’imaginer ce que donnerait l’exercice du suffrage universel non seulement au Xinjiang, au Tibet, en Mongolie (ce serait la partition du territoire à bref délai) mais encore au coeur même de la Chine. Selon toute vraisemblance, il n’y resterait du P.C.C. après quelques mois pas plus que les résidus des partis communistes d’Europe orientale.

Il serait temps à l’étranger d’être plus vigilant car le raidissement intérieur a un pendant en politique étrangère. Combien de temps faudra-t-il affecter de croire au pacifisme de la politique extérieure chinoise alors qu’elle affirme par le discours et par l’expansion militaire ses prétentions sur les îles du Sud, sans ouvrir de discussions avec les Philippines, la Malaisie et le Vietnam ? Quant au millier de fusées dirigées sur Taiwan, il serait difficile d’y voir un dispositif défensif contre une inimaginable agression des insulaires.

La réalité, c’est que le parti communiste se réserve le monopole de la parole et du pouvoir sur tout son immense territoire et que l’État chinois considère désormais que l’Asie et ses mers font partie de sa sphère naturelle d’influence. Convaincu par ses statistiques flatteuses, il se prend pour la puissance montante face à des États-unis qu’il croit sur le déclin et à une Europe qu’il méprise. Il y a là tous les ingrédients pour des affrontements de toute nature.

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