FIL D’ACTUALITES Citoyens & militants (2ème trimestre 2012)

* Après le départ pour les États-Unis du juriste aveugle Chen Guangcheng, la police
a levé le blocus autour de son village de Dongshigu, près de Linyi (Shandong). Mais le harcèlement continue sur ses proches : son frère Chen Guangfu a reçu des menaces s’il parlait aux journalistes et prenait des contacts hors du village ; son neveu Chen Kegui est toujours en détention depuis le début de mai pour avoir résisté en brandissant un couteau à des voyous qui envahissait sa maison ; l’écrivain Lu Haitao a dû quitter son logement, chassé par son propriétaire sous pression des
autorités et son épouse, harcelée par la police, a fait une fausse couche au mois de mai. (C.H.R.D., 20/06/2012)

* Arrestation de l’artiste Hua Yong, près de la place Tiananmen, où il donnait un
spectacle commémorant le massacre de 1989. Il a ensuite été officiellement détenu pour avoir créé des «troubles». On est sans nouvelles du photographe Guo Zhenming, arrêté en même temps que lui. (C.H.R.D., 12/06/2012)

* Arrestation des deux militants des droits civiques, Xu Guangli (du Hubei) et Yin
Weihe (du Hunan), qui avaient lancé une campagne de signatures destinée à soutenir l’appel aux réformes lancé par le chef du gouvernement Wen Jiabao. Lors de perquisitions chez Yin Weihe accusé de «subversion du pouvoir d’État», la police a emporté des ordinateurs, des téléphones, des cartes bancaires et des papiers d’identité. (Weiquanwang, 7/06/2012)

* Sortie de prison avec 11 ans de détention d’un dissident injustement méconnu du Sichuan, Hu Mingjun. Il demandait instamment dans ses écrits la «révision des verdicts» au sujet de mai 1989, ce qui avait provoqué son arrestation en mai 2001 et sa condamnation un an plus tard pour «subversion du pouvoir d’État». Il avait aussi tenté de créer un parti et de former un mouvement ouvrier. (Centre d’Information sur les Droits de l’Homme et la Démocratie, 28/05/2012)

* Le père d’un étudiant mort dans la fusillade du 3 juin 1989 à Beijing s’est pendu deux semaines avant la commémoration du massacre. Ya Weilin (73 ans), apparemment découragé par le silence constant des autorités qui se refusent à reconnaître la tragédie, était membre de l’association Les mères de Tiananmen. Il a été incinéré le 27 mai. (South China Morning Post, 28/05/2012)

* L’économiste et militant des droits civiques Feng Zhenghu est depuis trois mois assigné à résidence à Shanghai sans justification légale et soumis à un régime voisin de celui de Chen Guangcheng. Il n’est pas autorisé à sortir faire des achats et s’approvisionne par un panier au bout d’une corde ; il a perdu ses liaisons par l’Internet et ne peut rencontrer ses amis. Ceux d’entre eux qui ont voulu le rencontrer ou lui apporter de la nourriture ont été appréhendés par la police.
Un des signataires de la Charte 08, Feng Zhenghu s’est rendu célèbre pour s’être obstiné pendant trois mois à vivre dans l’aéroport de Narita (Tokyo) alors que la Chine lui refusait l’entrée sur le territoire. Depuis son retour en février 2010, il a souffert d’un harcèlement policier incessant, avec détention temporaire, disparition forcée, confiscation de treize ordinateurs et déplacements obligatoires accompagnés. Il avait été condamné à trois ans de prison en 2001. (C.H.R.D., 24/05/2012)

* Le militant du Henan Zhou Decai a entrepris une grève de la faim pour protester contre son arrestation qu’il estime injustifiée. Candidat indépendant aux élections locales, il fut arrêté le 28 février, alors qu’il organisait un séminaire sur le droit du travail, en faveur d’ouvriers de l’industrie du tabac dont l’établissement avait été vendu par son propriétaire. (Weiquanwang, 17/05/2012)

* Après 23 ans de détention, le militant du mouvement démocratique de 1989 Li Yujun (45 ans) a recouvré la liberté. Il est assujetti à des surveillances et contrôles pour les 8 ans à venir. Il lui est interdit de quitter Beijing, de parler aux médias et d’exprimer des opinions politiques.
Il avait été condamné à mort en janvier 1991 avec deux ans de mise à l’épreuve comme incendiaire pour avoir mis le feu à un char le soir du 3 juin, afin de bloquer son avancée vers la ville. Sa peine avait été ramenée à 20 ans de prison en 1996. Des remises de peine ont permis sa sortie en mai. (Weiquanwang, 20/05/2012)

* Condamnation à 32 mois de prison de la militante des droits civiques et
ancienne avocate Ni Yulan, pour «fraude» et «incitation à des troubles». Son époux
Dong Jiqin est condamné à deux ans de prison pour «fraude». Ils avaient été arrêtés en avril 2011 dans le cadre de la lutte contre «la révolution de jasmin», mouvement créé en Chine en référence aux révolutions du monde arabe. Tous deux offraient depuis des années leurs services aux victimes d’expulsions et pour la défense des droits au logement.
Handicapée à la suite de coups reçus en détention, Ni Yulan se déplace en chaise roulante. Elle avait été condamnée en 2002 à un an de prison ; en 2008, à deux ans. D’après leur fille, qui a pu assister à ce procès expédié en dix minutes, Ni Yulan et son époux semblaient en mauvaise condition physique et Dong Jiqin paraissait avoir reçu des coups sur le visage. (South China Morning Post, 11/04/2012)

* Envoi dans un camp, pour 18 mois de rééducation par le travail, du
pétitionnaire de Luoyang (Henan) Liu Xueli. Son action en faveur des villageois dont les terres sont réquisitionnées avait déjà justifié des séjours en camp de rééducation en 2004 et 2008 pour les motifs successifs suivants : «mise en danger de la sécurité publique», «activité de pétition anormale à Beijing», «envoi d’une lettre avec dix mille signatures au XVII° congrès du parti», «dénaturation de faits et attaque contre la politique nationale». (Weiquanwang, 28/03/2012)

* Mort dans un hôpital de Shaoyang (Hunan) de Li Wangyang, l’un des militants du
mouvement démocratique de 1989. Militant hunanais des droits du travail, Li avait passé 21 ans en prison pour la création du Syndicat autonome du travail ; il n’avait retrouvé la liberté qu’il y a un an, quasiment sourd et aveugle à la suite des mauvais traitements subis et ne marchant qu’avec difficulté. Il ne cessait de demander la réhabilitation des victimes du 4 juin 1989.
Les amis du dissident doutent de la thèse du suicide par pendaison avancée par la police (les pieds du mort touchaient le sol) et demandent une enquête sur les circonstances du décès. L’administration a procédé le 8 juin à une autopsie contre la volonté de la famille – qui souhaitait un médecin indépendant – puis incinéré le corps le lendemain, ce qui a bloqué les recherches. La famille est sous contrôle strict des autorités ; les contacts avec l’avocat Tang Jingling de Guangzhou ont été coupés. Des cybernautes ont adressé des lettres au ministre de la Sécurité publique et à la Cour suprême. Une campagne de signatures sur le site Boxun avait recueilli 10 000 noms le 18 juin. Des milliers de protestataires se sont rassemblés à Hongkong pour exiger des preuves du suicide. le militant des droits civiques Hu Jia a lancé sur Twitter une campagne sur le thème «Je ne veux pas me suicider», afin de détromper par avance le public dans le cas où le décès d’un militant serait présenté comme le fruit d’une décision personnelle. (Canyu, 7/06/2012; South China Morning Post, 18/06/2012). 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s