FIL D’ACTUALITES Citoyens & militants (3 & 4eme trimestres 2012)

* Un tribunal du district de Beichuan (Sichuan) a condamné le militant Li Yiqian à 5 ans de prison pour «troubles à l’ordre public». Li s’obstinait à demander où étaient passées certaines sommes affectées à la reconstruction dans les zones qui avaient souffert du tremblement de terre de 2008 au Sichuan. Selon lui, les terrains destinés au relogement des habitants avaient pour l’essentiel été utilisés comme carrières. La population n’aurait pas reçu les fonds d’assistance promis. Li Yiqian était en
détention depuis plus de huit mois. (R.F.A., 25/12/2012)

* Quelque 70  intellectuels diffusent une lettre Proposition de consensus pour la réforme. Ils y demandent notamment le respect de la constitution et des lois, des élections démocratiques, le respect de la liberté d’expression, l’indépendance de la justice. À la différence de la Charte 08, à laquelle est attaché le nom de Liu Xiaobo, le document émane de l’intérieur du parti et ne fait nulle référence aux valeurs occidentales et à un éventuel pluripartisme. (R.F.I., 28/12/2012)

*Luo Hongzhong, un enseignant retraité du district de Longhui (Hunan) qui faisait
circuler une pétition pour l’abolition des camps de rééducation par le travail, a été
prié par la police de cesser sa campagne, sinon «elle trouverait des voyous pour se débarrasser» de lui. Luo Hongzhong a passé lui-même cinq ans en régime de rééucation. (Weiquanwang, 11/12/2012)

* La journée des Droits de l’Homme a donné lieu à de nombreuses manifestations
pour protester contre des violations de droits et demander justice. Plusieurs milliers de pétitionnaires qui essayaient de se faire entendre à Beijing auprès du Bureau des Nations unies ont été tenus à l’écart puis dirigés sur la prison clandestine de Jiujinzhuang. D’autres demandaient des informations sur la réalisation du « Plan d’action pour les droits de l’Homme » devant Zhongnanhai, résidence des dirigeants du parti ; ils ont été expulsés. Des manifestations ont été signalées à Wuxi (Jiangsu) à propos de démolitions d’habitations ; à Shenzhen (Guangdong), pour le respect de la loi ; à Shanghai, contre les détentions arbitraires et la persécution
des militants des droits civiques ; à Fuzhou (Fujian) contre les détentions en prison clandestine et pour l’abolition du régime de rééducation par le travail, – la manifestation y a été dispersée par la police et un groupe de voyous. (C.H.R.D., 10-12/12/2012)

* Arrestation de Zhou Zujie, habitant de Shenzhen (Guangdong), pour avoir posté un courrier électronique accusant de corruption un responsable du village de Nanlian. Le dirigeant disposerait de 80 propriétés, d’une vingtaine de véhicules et de deux milliards de yuan. Le dénonciateur est détenu officiellement pour avoir déclaré des sommes inexactes lors de la constitution de quatre sociétés en 2010 et avoir perçu de trop fortes indemnités lors de la destruction d’un immeuble en 2007. (South
China Morning Post, 28/11/2012)

* Manifestation de jeunes femmes devant les bâtiments de l’administration sociale
du Hubei, à Wuhan, après une interrogation détaillée sur les dates, la fréquence et le volume de leurs règles et un examen gynécologique approfondie, lors d’une visite d’embauche pour un emploi public. (South China Morning Post, 28/11/2012)

* Condamnation à 12 ans de prison de l’écrivain du Sichuan Li Bifeng pour «fraude
contractuelle», c’est-à-dire pour n’avoir pas respecté des engagements de paiement. Il est en fait suspecté d’avoir favorisé en 2011 la fuite hors du territoire de l’écrivain dissident Liao Yiwu. Il avait été arrêté en septembre 2011, deux mois après le départ de ce dernier.Un tribunal l’avait condamné en 1990 à 5 ans de prison après la répression de Tiananmen pour crimes contre-révolutionnaires ; en 1998, une sentence de 7 ans d’incarcération l’avait frappé pour «crimes économiques» : il venait de mener – pour Human Rights in China – une enquête sur des grèves survenues au Sichuan à Mian-yang, (South China Morning Post, 19/11/2012)

* Mort du pétitionnaire Zhang Yaodong, frappé à mort par des inconnus auxquels il avait refusé de céder son téléphone portable lors du trajet qui le ramenait de force au Henan. Il avait été arrêté avec trois autres pétitionnaires la veille et conduit dans la prison clandestine Jiujinzhuang, dans le cadre des mesures prohibant toute manifestation à l’approche du XVIII° congrès du parti communiste. (C.H.R.D.,
9/11/2012)

* Pour prévenir toute manifestation pendant le XVIII° congrès du parti communiste (8 Novembre), les autorités accentuent la pression exercée sur les dissidents et les pétitionnaires. Nombre d’intellectuels, d’avocats et de militants des droits civiques ont été assignés à résidence, placés sous surveillance ou en détention, voire contraints de partir en province. Pour le ministre de la Justice, il s’agit de maintenir «la stabilité sociale afin de procurer un environnement sûr, stable et harmonieux pour un XVIII° congrès triomphant». (South China Morning Post, 28/10/2012)

* Mise en détention d’une vingtaine d’anciens policiers venus dans la capitale pour protester contre la perte de leur emploi et de leurs ressources, survenue après avoir dénoncé leurs supérieurs pour des illégalités et des extorsions de fonds. Plusieurs d’entre eux ont été ramenés de force chez eux. Une trentaine d’autres ont été empêchés de prendre le train pour se rendre à Beijing ou ont été interceptés à leur arrivée en gare. Plusieurs d’entre eux avaient reçu des décorations pour actions méritoires. (H.R.I.C., 26/10/2012)

* Arrestation de la militante des droits civiques de Shanghai Mao Hengfeng, pour «rassemblement en vue de troubler l’ordre public». Selon son époux, l’accusation se réfère à une réunion organisée pour commémorer la mort en 2008 de la pétitionnaire Teng Jingdi dans une prison clandestine. Mao Hengfeng avait perdu son emploi en 1989 pour avoir refusé un avortement. Elle fut envoyée trois fois en hôpital psychiatrique puis condamnée en 2006 à 36 mois d’emprisonnement pendant lesquels elle fut brutalisée et torturée. Pour avoir soutenu Liu Xiaobo, pris Nobel de la Paix, elle fut envoyée en camp de rééducation (2010) au motif de «trouble à l’ordre public». Deux autres militants de Shanghai, Wang Kouma (fils de Teng Jingdi) et Tong Guojing, ont été arrêtés le 25 septembre ; un autre Cui Fufang, à une date non précisée. (H.R.I.C., Weiquanwang, 2/10/2012)

* Arrestation de l’artiste tibétain Kuang Laowu et de son collaborateur Liu Jinxing pour «»trouble de l’ordre social». Ils avaient déployé une banderole sur la place Tiananmen de Beijing, demandant la fin du système de rééducation par le travail (laojiao) et la remise en liberté de l’artiste Hua Yong. Celui a été envoyé en camp de rééducation pour s’être produit cette année près de Tiananmen à l’occasion de l’anniversaire du massacre de juin 1989. Les avocats de Kuang et de Liu n’ont pu rencontrer leur client. (C.H.R.D., 18/10/2012)

* Le ministre des Affaires civiles annonce le resserrement des conditions
d’enregistrement et de surveillance des organisations non gouvernementales (ONG) étrangères. Certaines d’entre elles, mal intentionnées, auraient enfreint la loi chinoise. Désormais, les contrôles devront porter, par delà les questions statutaires, sur la nature des activités pratiquées. (Xinhua, 20/09/2012)

* Une circulaire prise le 15 août par le Bureau de la Santé de Shanghai permet de
soumettre à un examen psychiatrique les individus qui, entre autres symptômes, «s’engagent dans un grand nombre d’activités, courent partout et créent du chaos en s’occupant de ce qui ne les regarde pas». Leur état mental sera archivé. Le vague des définitions fait craindre qu’il s’agisse là d’un moyen particulièrement arbitraire de contrôle social, face à la dissidence. (Caixin, 12/09/2012)

* L’écrivain de la province du Jiangsu Yang Tongyan (nom de plume Yang Tianshui)
est gravement malade et ne reçoit pas en prison les soins nécessaires. Membre du
Pen Club indépendant de Chine, Yang Tongyan est incarcéré depuis 2005 pour son rôle dans la création du Parti démocrate. Il avait été emprisonné de 1990 à 2000 pour son appartenance à un groupe «contrerévolutionnaire», l’Alliance démocratique. (Weiquanwang, 10/09/2012)

* Dans un article de Charles Faddis, la fondation du Laogai fournit des estimations
sur le système des camps de réforme par le travail (Laogai). 1.007 camps contiendraient quelque 5 millions de prisonniers. 50 millions d’individus seraient passés par les camps au cours des 60 dernières années. Les camps ont deux noms : l’un, pour le service pénitentiaire ; l’autre, destiné au public et à la clientèle étrangère, laquelle peut acheter la production des détenus par les sites de l’internet. (Laogai Fondation, 22/08/2012)

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