IMMOLATIONS AU TIBET : POURQUOI ?

Dans l’ensemble du Tibet historique (l’Amdo, Nord-Est du Tibet ; le Kham partie orientale ; l’Ütsang, Tibet central), depuis les manifestations de 2008, et surtout depuis les immolations de 2009, la répression s’est intensifiée. L’opposition des Tibétains à la politique chinoise continue pourtant de s’exprimer à travers des moyens pacifiques.

Les Tibétains n’ont pas la possibilité de s’exprimer. De nombreux écrivains, artistes et intellectuels cherchent à se faire entendre; ils sont arrêtés les uns après les autres. On en compte actuellement plus de quatre-vingts en prison, où il est avéré que la torture est pratique courante.

Les Tibétains sont confrontés à une dégradation de leur milieu de vie, une immigration massive de Han qui s’accompagne d’une politique de sédentarisation des nomades dans des habitats inadaptés, souvent construits le long des routes, conduisant à leur paupérisation. Moines mais aussi laïcs sont soumis à des séances de « rééducation patriotique », durant lesquelles il leur est demandé, entre autres humiliations, de piétiner des photos du Dalaï-lama – ce à quoi ils ne peuvent consentir – et de prêter allégeance au parti communiste.

En 2007, les autorités chinoises ont promulgué une loi selon laquelle toute réincarnation doit recevoir leur aval, disposition qui leur permet de désigner le futur Dalaï-lama. En 1995, elles ont procédé ainsi pour le Panchen-lama : elles ont kidnappé Gedhun Choekyi Nyima, l’enfant âgé de six ans reconnu par le Dalaï-lama, et l’ont mis en prison avant de désigner un autre enfant tibétain.

Les immolations par le feu se multiplient depuis le troisième jour du nouvel an tibétain de 2009, le 27 février. C’est le signe d’une aggravation dramatique de la situation. Pour les laïcs et les moines, il s’agit d’un sacrifice, les autres modes de contestation ayant tous échoué. Ce geste définitif est perçu comme constructif, son objet étant de revenir à un Tibet tibétain et d’améliorer la situation des Tibétains. Cet acte symbolique puise dans les racines profondes du bouddhisme en affirmant un sentiment de dévouement total à la communauté ; il est culturel.

le 20 décembre 2013.

Sources  Le Temps (Suisse), 19 juillet 2012, interview de Robert Barnett, tibétologue américain ; Forum de discussion Le Monde 30 mars 2012 par Katia Buffetrille, ethnologue et tibétologue (l’Ecole Pratique des Hautes Etudes) ; Le Nouvel Observateur, « Pourquoi les Tibétains s’immolent par le feu ? », 9 mars 2012 par Katia Buffetrille ; Tibet-info.net immolations : récapitulatif, actions et réactions ; FreeTibet ; RFA Radio Free Asiablog de Tsering Woeser

 

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