FIL D’ACTUALITES Citoyens & militants (4ème trimestre 2013)

* 13 habitants de Wuhan (Hubei) expulsés de leur domicile, il y a trois ans, ont fait une tentative de suicide collectif dans les rues de Beijing en avalant du pesticide. Ils n’avaient pu obtenir de compensation pour la perte de leur logement et ne voyaient pas d’issue à leur situation. Huit sont dans un état critique. On est sans nouvelles des cinq autres. (R.F.A., 12/12/2013)

Des hommes non identifiés ont frappé à coups de bâtons et jusqu’au sang le couple Wang Defeng et Shi Wenxuan alors qu’ils allaient porter plainte contre les fraudes survenues lors d’une élection locale dans leur village du Jilin. (Weiquanwang, 11/12/2013)

Inculpation pour «rassemblement de foule dans le dessein de troubler l’ordre public» de Xu Zhiyong, militant des droits civiques et fondateur du groupe Initiative pour une Constitution ouverte. En 2009, il avait organisé une protestation de masse pour des parents qui exigeaient l’égalité dans l’accès à l’éducation. De 2003 à 2009, son organisation a défendu les individus opprimés ; elle avait aussi soutenu les parents des enfants qu’avait rendus malade l’ingestion de lait contaminé (scandale de 2008). (Kyodo, 9/12/2013)

* Venu dans la capitale pour protester contre des démolitions de logements, le pétitionnaire de Hebi (Henan) Gong Jinjun a frappé à mort l’un des hommes de main chargé de l’intercepter. Il se trouvait dans le fourgon qui le ramenait de force chez lui. Il s’était rendu à plusieurs reprises à Beijing et, chaque fois, avait été accueilli et rapatrié contre son gré. Les «intercepteurs» sont des jeunes gens payés par des gouvernements locaux désirant que les disputes locales n’aient aucun écho dans la capitale. Depuis 2005 en effet, le nombre des pétitionnaires affecte en négatif l’appréciation portée par la direction du parti sur les cadres de province. (South China Morning Post, 29/11/2013)

Le Comité permanent de l’Assemblée nationale populaire a formellement aboli la rééducation par le travail (laodongjiaoyang). Ce régime, à la différence de la réforme par le travail (laogai), visait en principe la petite délinquance mais il frappait aussi les pétitionnaires mécontents, les cybernautes critiques du parti, les contempteurs de la corruption et les organisateurs de manifestations. Les détentions arbitraires ne sont cependant pas près de disparaître. Les pouvoirs locaux disposent de prisons non officielles et continuent d’y détenir ceux qui les gênent sans même en informer les familles. Bo Shuying, une pétitionnaire de Tangshan (Hebei) qui voulait obtenir réparation pour une réquisition de terrain illégale, a passé un an (juillet 2012-juillet 2013) en camp de rééducation ; elle en est ressortie handicapée. Chacun des recours pour contester son incarcération et les violences subies ont été rejetés, le dernier au motif que la suppression des camps lui ôtait toute justification.

* Deux individus non identifiés ont attaqué l’avocat Li Changping devant le tribunal intermédiaire de Jining (Shandong). Le policier qu’il appelait à l’aide s’est éloigné ; les agents de sécurité ont refusé le recours aux bandes vidéo d’enregistrement, prétextant que ce n’était point de leur ressort. Le client de Li Changping poursuit les autorités du district de Yutai pour des évictions illégales. (Weiquanwang, 3/12/2013)

* Cheng Hai, avocat du militant des droits civiques Ding Jiaxi, a été battu dans le centre de détention n°3 de Beijing, alors qu’il rendait visite à son client et en prenait une photo, ce qui est autorisé. La police l’a gardé prisonnier cinq heures. Ding Jiaxi, lui-même avocat, est poursuivi pour son engagement dans la campagne contre la corruption au sein du Mouvement nouveau des citoyens. (Weiquanwang, 26/11/2013)

* Incarcération à Shanghai dans l’hôpital psychiatrique du district Chongming de Fan Miaozhen (71 ans), sans examen psychique préalable, en violation de la loi du 1 mai 2013 qui stipule que l’enfermement doit être volontaire et agréé par un médecin psychiatre. La militante de Shanghai avait aidé des villageois à défendre leur droit à la terre. Lors d’une précédente détention, elle avait été torturée et avait subi des électrochocs. (C.R.L.W., 8/11/2013)

* Découverte d’une nouvelle prison clandestine. L’hôtel Jiruigong, 8 rue Chengbei dans le district Fengtai de Beijing, permet aux services de Sécurité de la province du Jilin d’incarcérer des pétitionnaires en provenance de cette province. Certains de ces derniers affirment y avoir été frappés et avoir subi divers mauvais traitements ; une femme y aurait été battue à mort. La détention clandestine précède en général un rapatriement forcé dans la province. (Weiquanwang, 7/11/2013)

* Les autorités pénitentiaires du district de Chaoyang à Beijing confirment l’inculpation de Cao Shunli pour «réunions illégales». Elle avait été arrêtée le 14 septembre à l’aéroport, où elle allait s’embarquer pour Genève où elle devait suivre une formation sur les droits de l’Homme. Elle avait demandé à plusieurs reprises le droit pour la société civile de contribuer au rapport de l’Examen Périodique Universel. (Weiquanwang, 23/10/2013)

* 30 des 34 collègues du professeur d’économie Xia Yeliang ont voté à l’Université de Beijing pour supprimer son cours et lui interdire d’enseigner. Signataire de la Charte 08, Xia Yeliang s’était exprimé à plusieurs reprises sur l’internet sur l’absence de liberté d’expression. Mais ses textes avaient été supprimés par la censure. (Kyodo, 18/10/2013)

* Inculpation pour «création de troubles» du militant de Xiangxiang (Hunan) Yin Weihe. Il dénonçait sur l’internet des faits de corruption et demandait justice pour les victimes du massacre de 1989 à Tiananmen ainsi que pour tous ceux qui avaient été incarcérés récemment à l’issue de «réunions pacifiques». (Civil Rights and Livelihood Watch, 17/10/2013)

* Ouverture à Changshu (Jiangsu) du procès de Gu Yimin, accusé «d’inciter à la subversion du pouvoir d’État». Le militant du Jiangsu avant affiché des photos du massacre de 1989 et avait demandé une autorisation pour une réunion à la mémoire des victimes. Il était détenu depuis le premier juin. (Weiquanwang, 2/10/2012)

* Condamnation à cinq jours de détention administrative de l’avocat Tang Jitian, pour «troubles apportés à une unité de travail». L’avocat s’était rendu à Jixi au centre de «rééducation» des disciples de la secte Falungong pour s’informer du sort d’un détenu. En 2010, Tang avait perdu sa licence professionnelle pour avoir demandé que les dirigeants de l’association nationale des avocats soient élus par leurs confrères et non désignés par les autorités. L’année suivante, arrêté et soumis à la torture lors de la «révolution de jasmin», il avait contracté la tuberculose lors de sa détention. (Weiquanwang, 18/10/2013)

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