FIL D’ACTUALITES Expression & Information (1er trimestre 2014)

* Les autorités de l’Information ont redéfini un programme de formation pour le personnel chargé du contrôle de l’opinion, personnel dont l’effectif atteindrait deux millions d’individus. Le programme concernerait notamment des fonctionnaires relevant des secteurs judiciaire et académique, des personnes appartenant aux médias et au monde des entreprises. Les superviseurs sont chargés de suivre les messages sur la toile, de les filtrer, d’éliminer les documents inconvenants « faux, incorrects ou réactionnaires », – selon les termes de l’agence Xinhua – ainsi que les mots interdits entraînant le blocage de l’internet pour une période plus ou moins longue. (X Index, 25/03/2014)

* Le Club des correspondants étrangers de Beijing note une pression croissante sur les journalistes, exercée à l’occasion des octrois et renouvellement de cartes de presse et de visas. Les pressions ont visé particulièrement les journalistes qui avaient enquêté sur la fortune des dirigeants et de leur famille. Selon le rapport, les autorités chinoises « considèrent que l’accréditation est un privilège et un droit professionnel ; elles punissent les reporters et les organisations de presse pour le contenu de leurs travaux s’il a déplu au gouvernement ». (C.P.J., 17/03/2014)

* Une journaliste du site d’information 64tianwang, Wang Jing, qui avait relaté une tentative d’immolation par le feu sur la place Tiananmen en date du 5 mars, a été renvoyée au Jilin et placée en détention pour avoir « instigué des querelles et provoqué des troubles ». Le 8 mars, la police arrêtait Liu Xuehong et Xingjian qui avaient rapporté l’incident d’un jet d’encre sur le portrait géant de Mao Zedong. (R.S.F., 13/03/2014)

* Concernant la dramatique attaque dans la gare de Kunming (Yunnan), le Bureau d’information du gouvernement a envoyé aux médias les directives suivantes, rapportées par China Digital Times et Reporters sans frontières : « Les médias rapportant l’attaque au couteau survenue le 1er mars à la gare de Kunming doivent adhérer strictement aux articles de l’agence Xinhua News ou aux informations données par les autorités locales. Ne traitez pas l’histoire avec des grands titres, ne publiez pas de photos macabres. Confirmez s’il vous plaît que vous avez reçu ce message. Merci. »

* La police a décidé de poursuivre le journaliste de Chongqing (Sichuan) Liu Hu pour diffamation, extorsion de fonds et création de désordre. Liu Hu avait mis en ligne des critiques de fonctionnaires et invité à des donations en faveur d’enfants en 2012 et 2013. Il était détenu depuis août 2013 comme «fauteur de troubles» et fut inculpé le mois suivant pour diffamation. Liu Hu travaillait pour le journal New Express de Guangzhou, qui avait rapporté plusieurs cas de corruption et d’abus de pouvoirs. (R.F.I., 5/02/2014)

* Inculpation officielle de Liang Songji, activiste du Guangdong pour «obstruction au travail de l’administration». Il était détenu depuis janvier pour avoir projeté une manifestation anniversaire en faveur de la liberté de la presse devant l’Hebdomadaire du Sud à Guangzhou (Guangdong) et pour sa participation à une grève de la faim en souvenir du massacre de 1989 à Tiananmen. (Weiquanwang, 13/02/2014)

* Condamnation à trois ans de prison pour «incitation à la subversion du pouvoir d’État» de Liu Benqi, un militant démocrate de Ge’ermu (Qinghai). Il était détenu depuis juillet 2012, après avoir envoyé quelques messages sur l’internet à des dissidents de l’étranger. Son épouse a passé un an en camp de rééducation pour avoir parlé en sa faveur. (Weiquanwang, 9/02/2014)

* La censure a bloqué les sites internet du Monde, du Guardian, du Global Mail, d’El Pais et du Süddeutsche Zeitung après publication des informations sur les fortunes cachées de la classe dirigeante chinoise. Le réseau internet a été paralysé plusieurs heures et la quasi totalité des commentaires sur le sujet a été supprimée. L’International Consortium of Investigative Journalists a mis en évidence, après plusieurs mois d’enquête, l’usage des paradis fiscaux par les dirigeants du parti et leur famille pour dissimuler leur enrichissement personnel. (Reporters sans frontières, 24/01/2014)

Le Comité pour la Protection des journalistes chiffre à 32 le nombre des journalistes chinois incarcérés au début décembre (même chiffre qu’en 2012). Le pays vient en 3ème position, derrière la Turquie et l’Iran. À eux trois, ils représentent plus de la moitié des journalistes placés en détention en 2013. (C.P.J., 18/12/2013)

* 250.000 journalistes suivent depuis la mi-octobre une formation organisée par le parti communiste. Le programme s’achèvera en fin d’année ; un examen suivra qui décidera de l’octroi des cartes d’accréditation professionnelle. On relève parmi les thèmes du programme la dénonciation des concepts de démocratie, de droits de l’homme et de valeurs universelles, car ils servent à attaquer le parti communiste. (Kyodo, 20/10/2013)

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