FIL D’ACTUALITES Citoyens & militants (4 ème trimestre 2014)

* La police de Hongkong a arrêté 37 personnes pour «conduite désordonnée en un lieu public» et «destructions criminelles». Les troubles avaient commencé dans la nuit de Noël, lors d’une confrontation pendant 5 heures de quelque 300 manifestants accusés «d’occupation illégale». La police avait arrêté la veille une douzaine de manifestants qui réclamaient un suffrage universel authentique.  (S.C.M.P., 26/12/2014). Une jeune fille de 14 ans qui avait griffonné des symboles du mouvement d’occupation du quartier central a été arrêtée par la police et détenue deux nuits dans une maison d’enfants.  Elle a retrouvé la liberté le 29 décembre, sous condition de vivre chez son père, de poursuivre ses études et d’observer un couvre-feu. (A.F.P., S.C.M.P., 31/12/2014 – 1/01/2015)

* Dans une lettre ouverte au chef d’État Xi Jinping, l’épouse de l’avocat Pu Zhiqiang, fait état de «tortures inhumaines» qu’on infligerait en prison à son mari et elle demande sa mise en liberté. L’ancien avocat de l’artiste Ai Weiwei est détenu depuis mai dernier pour «création de troubles et obtention d’informations illégales». Il souffre de plusieurs maladies, dont le diabète. Les traitements qu’on lui accorde sont insuffisants. (A.F.P., 20/12/2014)

* Arrêté en juin, l’avocat Pu Zhiqiang est poursuivi pour «incitation à la haine raciale» et «incitation au séparatisme». Selon son avocat Mo Shaoping, Pu Zhiqiang a été interrogé de 60 à 70 fois, au cours de sessions de plus de 10 heures ; il souffre d’hypertension artérielle et ses jambes sont enflées par le diabète. (Weiquanwang, 10/12/2014)

* Un tribunal de Wuxi (Jiangsu) a condamné Ding Hongfen et Shen Aibin à respectivement 21 et 18 mois de prison pour «dommages intentionnels à la propriété». Ils avaient dévoilé l’existence à Wuxi d’une prison clandestine en juin 2013 et en avaient libéré les détenus. (Weiquanwang, 28/11/2014)

* Les autorités ont décidé la mise en détention du directeur de l’Institut de la transition pour «activités commerciales illégales».  L’institut avait mené diverses études dans les domaines fiscaux, électoraux, juridiques et éducationnels. Son fondateur, Guo Yushan avait aidé le juriste aveugle Chen Guangcheng à se réfugier à l’ambassade des États-Unis en avril 2012 ; la police l’a arrêté, ainsi que  l’écrivaine Kou Yanding, qui avait participé à cette évasion, ainsi que le directeur actuel de l’Institut, Huang Kaiping. Liu Jianshu, détenue depuis le 26 novembre, s’occupait à présent des librairies du groupe privé Liren, actif dans le domaine universitaire et scolaire. Leur gérant, Xue Ye, a été lui aussi incarcéré le 26 novembre. La police a arrêté le même jour pour «mise en danger de la sécurité de l’État» l’écrivaine Xu Xiao, éditrice de la publication Le Nouveau Siècle, engagée elle aussi dans les activités du groupe Liren. (C.H.R.D., 27/11/2014)

* Le Département de politique générale de l’armée, responsable des ressources humaines et de la discipline, affirme que les officiers doivent être notés « sur leur application des directives du Président Xi Jinping », sur « leur position quant aux grandes questions de principe » et sur leur « attitude envers les richesses et la réputation ». De cette façon, « nous serons certains que le fusil sera toujours dans les mains de ceux qui sont loyaux envers le Parti ». (Quotidien de l’armée, 24/11/2014). Note : ainsi « l’Armée populaire de libération » est une force militaire au service du Parti avant d’être au service de la nation chinoise. Ce contre quoi s’insurge la dissidence, avec en mémoire le sanglant exemple de Tiananmen 1989, où l’armée, sur ordre du parti, a tiré sur la foule des démocrates.

*  Inculpation officielle pour « incitation à la subversion du pouvoir d’État » de Wang Mo, militant de Guangzhou (Guangdong). Il était détenu depuis le 3 octobre pour « création de troubles ». Il avait participé à une réunion de soutien au mouvement de protestation de Hongkong. Le chef d’inculpation peut entraîner une condamnation à cinq ans de prison et semble confirmer un durcissement envers la dissidence. (Weiwanquan, 17-18/11/2014)

* L’avocat Zhang Lei est interdit de se rendre à Paris, où il était invité officiellement et devait être reçu notamment par la Commission nationale consultative des droits de l’Homme le 21/11. Zhang Lei est le défenseur du militant des droits de l’Homme Guo Feixiong, détenu depuis août 2013 et qui devait être jugé le 28/11 à Guangzhou (Guangdong). L’avocat Xia Lin a été placé en détention. Il est le défenseur de Pu Zhiqiang et aussi du chercheur Guo Yushan, arrêté le 9/10 pour avoir soutenu le mouvement démocratique de Hongkong. (C.H.R.D., 11/11/2014)

* Le forum sur la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC) s’est tenu à Beijing du 5 au 11/11/2014. Comme à l’habitude en de telles occasions, les autorités ont renforcé leurs contrôles pour éviter l’expression de voix discordantes. À Beijing, la militante handicapée Ge Zhihui n’a pu sortir de chez elle pendant 10 jours, y compris pour se procurer de la nourriture ; elle a reçu des menaces de mort. Une militante du Heilongjiang Shan Yajuan a été enfermée dans une prison clandestine de la capitale le 10 novembre ; elle y aurait été maltraitée et blessée à la tête, puis conduite dans un hôpital qui ne l’aurait pas soignée. Deux autres pétitionnaires du Heilongjiang, Lü Shuangli et Chang Jinmei, ont été placées dans une prison clandestine de Majialou le 9 novembre puis envoyées dans la ville de Jiamusi pour une détention officielle. Des centaines de pétitionnaires du Heilongjiang auraient subi un sort semblable. (Weiquanwang, 10-12/11/2014)

* Arrestation pour dix jours de Ye Haiyan, militante du Hubei qui avait participé à un rapport sur la situation des femmes en Chine, destiné au Comité des Nations unies pour l’élimination des discriminations envers les femmes, lequel a examiné la question le 23 octobre à Genève. Le motif officiel de l’arrestation est la photo de son blog où elle se montre nue dans l’intention d’attirer l’attention sur le travail du Comité. La police a perquisitionné chez elle et saisi des ordinateurs, des téléphones portables et des disques durs. (C.R.LW., 1/11/2014). Note : Les autorités avaient interdit le 10 octobre à Wang Qiuyun, militante de la cause HIV/Sida de se rendre à la réunion de Genève. Elles ont envoyé au titre des O.N.G. la Fédération des femmes chinoises dont la direction est entièrement dans les mains du parti communiste.

* Le groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire demande à Beijing la libération de Wang Hanfei, condamné en 2012 à quatre ans de prison pour « activités commerciales illégales » et pour « fraudes ». Wang éditait depuis 2009 un rapport sur la Chine où il parlait de la corruption et des violations des droits de l’Homme. Il avait publié en juillet 2012 un éloge du prix Nobel emprisonné Liu Xiaobo. Selon le groupe de travail, les chefs d’inculpation retenus contre Wang Hanfei autorisaient « des interprétations arbitraires et la poursuite d’opposants politiques ». (C.H.R.D., 31/10/2013)

* Les manifestations de Hongkong pour un authentique suffrage universel ont suscité des sympathies dans la population chinoise. Elles se sont exprimées sur l’internet, lors de rassemblements locaux ou même dans la venue à Hongkong de militants décidés à soutenir le mouvement. La police a commencé au début d’octobre à réprimer ces initiatives. L’organisation Chinese Human Right Defenders a noté 72 cas de détention, dont 27 avec inculpations, 3 de nature administrative et 32 arrestations policières diverses. 11 de ces détenus ont été relâchés. En outre, la police a assigné plusieurs personnes à résidence. Certains ont quitté leur domicile pour se cacher. C.H.R.D. a publié le 28 octobre la liste nominative des incarcérés avec leur lieu de détention. (C.H.R.D 25/10/2014)

* Inculpation officielle de l’écrivain Huang Zerong (nom de plume Tie Liu) pour activités illégales et « création de troubles ». D’après les questions posées par la police, les poursuites semblent liées à la publication des mémoires de victimes du mouvement « antidroitier » de 1957 ainsi qu’à la diffusion sur l’internet de critiques concernant Mao Zedong et d’autres dirigeants du parti communiste. L’écrivain est détenu depuis le 14 septembre. (New York Times, 23/10/2014)

* Malgré deux circulaires de la Cour suprême qui interdisaient la présentation au public de délinquants condamnés à mort ou non encore jugés (1989) et celle de tout criminel ou suspect, 24 suspects ont été montrés à quelque 5000 spectateurs dans le district Huarong du Hunan. Les accusés portaient autour du cou une pancarte indiquant leur nom et les faits reprochés. Le district avait organisé une semblable parade en avril 2012 dans le stade d’une école secondaire. (S.C.M.P., 23/10/2014)

* Les directeurs de dix universités appellent à une reprise des discussions entre autorités et étudiants. Ces derniers poursuivent leur grève des cours commencée fin septembre. Selon une enquête menée par l’Université de Hongkong, le soutien au mouvement semble s’élargir dans la population, particulièrement chez les jeunes (62,1% de soutien dans la couche de 15 à 24 ans). (S.C.M.P., 22/10/2014)

*. Le nombre des exécutions capitales s’est élevé à 2.400 en 2013, en retrait de 20% sur celui de l’année précédente. Il était de 12000 en 2002. Ces données proviennent d’un fonctionnaire de la Justice qui aurait accès aux chiffres annuels. L’intensification de la répression au Xinjiang pourrait augmenter cette année le nombre des exécutions. (Duihua Foundation, 20/10/2014)

*  Trois mouvements chinois pour les droits civiques ont décidé de lancer un prix annuel des droits de l’Homme en souvenir de la militant Cao Shunli, morte le14 mars 2014 après 5 mois de détention. Human Rights Campaign in China, Civil Rights and Livelihood Watch et Rights Defense Network décerneront cette récompense chaque 14 mars. Le prix aidera à prendre des initiatives en matière de droits de l’Homme, en particulier pour inciter la société civile à participer à des activités internationales en ce domaine. (Weiquanwang., 26/09/2014)

Dans un entretien publié par le New York Times, le Financial Times et le Wall Street Journal, le chef de l’exécutif Leung Chun-ying rejette la représentativité par le nombre des bulletins de vote, telle que requise par le mouvement de contestation. S’agissant de démocratie et de suffrage universel, « s’il s’agissait entièrement d’une affaire de chiffres et de représentation numérique, alors il faudrait s’adresser aussi à la moitié de la population de Hongkong qui gagne moins de 1.800 $ par mois ». Ses propos font écho à ses déclarations du mois d’août : « Le milieu des affaires à Hongkong est en réalité un très petit groupe de personnalités d’élite qui contrôlent les destinées de l’économie. Si l’on ignore leurs intérêts, le capitalisme de Hongkong cessera de fonctionner ».

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