FIL D’ACTUALITES Citoyens & militants (1er trimestre 2015)

* La Journée internationale des Femmes a été marquée par l’arrestation de cinq militantes du droit des femmes pour «avoir suscité des querelles et provoqué des troubles». Li Tingting, Wei Tingting, Wang Man, Zheng Churan et Wu Rongrong avaient
l’intention de protester contre le harcèlement sexuel dans les transports publics ; elles sont les premières femmes détenues pour un combat au nom du droit des femmes. Quatre autres femmes, appartenant comme elles à des ONG. féministes, LGBT ou sociales, ont été détenues puis relâchées. (Weiquanwang 11/03; S.C.M.P 16/03/2015)

* Pour l’anniversaire du décès par mauvais traitements en détention de la militante
Cao Shunli, des militants sont descendus dans la rue en plusieurs villes de Chine et ont demandé une enquête indépendante sur son cas.(Weiquanwang, 13‐17/03/2015)

* Wu Rongrong, la directrice du Centre des femmes Weizhiming de Hangzhou (Zhejiang), incarcérée le 6 mars, souffre d’hépatite et n’a pas
accès aux médicaments qu’elle prenait avant sa détention. Elle est contrainte de dormir sur le ciment. L’administration pénitentiaire affirme qu’elle n’a pas besoin de traitement. (C.H.R.D.,13-­19/03/2015)

* 121 avocats ont adressé une lettre ouverte à l’Assemblée nationale : ils demandent que soit mis fin au système annuel de réexamen des licences professionnelles, qui permet d’écarter les avocats qui s’emparent des dossiers gênants pour les autorités. Ils affirment que les procédures mises en place par le Ministère de la Justice
en 2010 contreviennent à la loi de 2007 sur la profession d’avocat. (Weiquanwang,
28/02/2015)

* Selon une étude partielle de China Human Rights Defenders, les autorités chinoises ont incarcéré au moins 955 défenseurs des droits civiques en 2014, soit presque autant que pour les deux précédentes années ensemble (1.079 détenus en 2012 et 2013). Il s’agit d’emprisonnement de cinq jours ou plus.  Le document relève 58 cas de coups portés sur détenus, 22 confessions forcées, 6 cas de torture et 5 de menaces et intimidation. (China Digital Times, 5/02/2015)

* Le paysan Yang Wusi est décédé en détention et sa famille veut savoir s’il est mort sous la torture. Il avait été arrêté le 27 novembre en bonne santé. Les parents ont pu constater à l’autopsie qu’il n’avait aucune nourriture dans l’estomac, que son corps et sa tête montraient des blessures et qu’il y avait du sang sur ses vêtements. L’avocat de Yang n’a pu avoir communication du dossier pénitentiaire. Le 2 février, l’administration a déclaré à la presse qu’elle avait respecté toutes les procédures légales. (C.H.R.D., 30/01/-05/02/2015

* Détention de la pétitionnaire Jia Fengzhen dans la prison clandestine Jiujinzhuang de la capitale. Elle avait fait circuler une protestation pour défaut de réponse administrative à ses plaintes fondées sur les tortures subies dans le camp de rééducation de Masanjia, aujourd’hui fermé. Jia Fengzhen affirme qu’elle était battue presque tous les jours et frappée sur la tête avec des bâtons électriques. D’autres anciennes détenues de Masanjia ont été punies pour avoir demandé réparation. (C.R.L.W., 16/01/2015)

* La militante du Heilongjiang Liu Jie, incarcérée depuis décembre 2013, souffre de cancer en stade avancé mais l’administration carcérale refuse de la libérer, contrairement aux avis médicaux, au prétexte qu’elle devrait subir d’autres examens en prison. Liu Jie est en conflit avec les pouvoirs publics depuis 1997, date à laquelle fut saisie sa ferme. Elle a depuis été incarcérée à plusieurs reprises, dans des prisons ou des camps de rééducation. (Weiquanwang, 18/01/2015)

* Civil Rights & Livelihood Watch note la persistance des internements psychiatriques décidés à l’encontre des critiques du régime et des pétitionnaires. Ces pratiques violent la loi sur la santé mentale entrée en vigueur en mai 2013. Il s’agit de décisions policières unilatérales.  Les prisonniers sont souvent maltraités, enchaînés, soumis à des traitements médicaux abusifs, interdits de sorties et privés de contacts avec leurs proches. Ils sont menacés de représailles s’ils divulguent à leur sortie les traitements qu’ils ont subis. (C.R.L.W., 14/01/2015)

* China Human Rights Defenders signale l’augmentation alarmante des détentions avant jugement pratiquées depuis le printemps 2013 par la nouvelle équipe au pouvoir. À l’origine de ces arrestations, des réunions ou expressions d’opinion formellement autorisées par la Constitution. Plusieurs détenus ont été battus, empêchés de rencontrer leurs avocats et n’ont pu recevoir les traitements médicaux qu’exigeait leur état de santé. Parfois les familles n’ont pas été informées des disparitions. Le C.H.R.D. indique que sont détenus depuis plus de 20 mois : Huang Wenxun, Yuang Fengchu et Yuan Xiaohua, originaires de Chibi (Hubei) Sont détenus depuis près de 9 mois : l’avocat Pu Zhiqiang et Qu Zhenhong, de Beijing ; Tang Jingling, Wang Qingying et Yuan Xinting de Guangzhou (Guangdong) ; Jiang Lijun et Sun Haiyang du Liaoning ; Sheng Guan (alias Xu Zhiqiang) et Huang Jingyi (alias Huang Fangmei) de Wuhan au Hubei ; Jia Lingmin, Dong Guangping, Hou Shuai et Yu Shiwen de Zhengzhou (Henan).

* Selon leur avocat Li Zhongwei, deux militants arrêtés en novembre pour «création de troubles», Song Ze (alias Song Guangqiang) et Xu Chongyang qui avaient exprimé leur soutien aux manifestants de Hongkong, ont été torturés et maltraités pendant leur détention. Les gardes auraient incité les codétenus à exercer des sévices à leur encontre. (Wenquanwang, 10/01/2015)

* La santé du militant de Guangzhou, Sun Desheng, détenu depuis août 2013, se dégrade en raison des mauvais traitements et des tortures qu’il subit en prison : coups, exposition au froid, obligation de rester debout pendant longtemps alors qu’il souffre d’arthrite etc.. La police a refusé les vêtements envoyés par sa famille.  La pétitionnaire You Baofen, détenue dans un hôpital psychiatrique de Wuxi (Jiangsu) depuis septembre 2014, subit cet internement illégal pour la 3ème fois. Les plaintes qu’elle porte contre l’administration résultent de la démolition de sa maison en 2009 et de la mort, deux ans plus tard, de son fils alors qu’il se trouvait dans une prison clandestine qualifiée de «classe d’éducation juridique». (C.H.R.D., 8/01/2015)

* Lors d’un procès qui se déroulait à Huizhou (Guangdong), les avocats de l’accusée Huang Ping domiciliée à Hongkong, ont quitté le tribunal pour protester contre la «fabrication de charges» à l’encontre de leur cliente, les violations de procédure et le refus d’entendre les témoins à décharge. Ces avocats sont connus pour avoir réussi à sauver de la mort, après 10 procès et 4 condamnations à la peine capitale, une personne finalement reconnue innocente. (S.M.C.P., 12/01/2015)

*  Les hôpitaux chinois ont reçu l’ordre de ne plus prélever d’organes sur les prisonniers exécutés. Selon des estimations officielles, les organes greffés proviennent jusqu’à présent dans deux cas sur trois d’exécutions capitales ; d’autres sources affirment que 90% des organes prélevés proviennent des prisonniers ; dans tous les cas, il est peu probable que le condamné ait donné son accord. On compterait chaque année quelque 300 000 demandes de rein ou de cœur mais 10 000 seulement seraient disponibles. (R.F.I., 2/01/2015)

* Les avocats engagés dans la défense des droits civiques n’étaient naguère qu’une poignée ; ils sont maintenant plus de 200, mais la nouvelle équipe dirigeante s’est montrée particulièrement répressive au cours de l’année 2014. Au total, neuf avocats doivent répondre de charges criminelles dont sept se trouvent déjà en détention à savoir : Ding Jiaxi, Pu Zhiqiang, Qu Zhenhong, Tang Jingling, Xia Lin, Xu Zhiyong et Yu Wenshang. Les deux autres, Chang Boyang et Ji Laisong, sont sortis de prison et attendent de passer en jugement.
La répression des avocats, considérés comme fauteurs de troubles, vide de toute portée les affirmations du chef de l’État qui ne cesse de répéter depuis l’automne son souci de «gouverner par la loi». Les accusations fantaisistes changent d’un mois sur l’autre : «instigation de querelles et fomentation de troubles», «obtention illégale d’informations», «incitation au séparatisme», «incitation à la subversion du pouvoir d’État» se succèdent par exemple dans les dossiers du plus connu d’entre eux, Pu Zhiqiang, célèbre pour sa dénonciation des camps de rééducation par le travail. Une lettre ouverte signée en décembre de 12 autres avocats demandant aux autorités de respecter le droit et les libertés inscrites dans la Constitution a eu pour effet que l’auteur principal du texte, Wqng Guangping, installé à Guangzhou, a perdu sa licence professionnelle (le droit d’exercer). Il intente un procès contre les autorités provinciales pour révocation illégale de licence. (Extraits d’un article de R.F.A., 20/01/2015)

 

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