FIL D’ACTUALITES Citoyens & militants (2eme trimestre 2015)

* Après une grève de la faim d’un mois commencée à mi-mai, la santé de la militante Jia Lingmin du Henan se dégrade de manière inquiétante. Arrêtée en mai 2014 pour «création de troubles»,- en réalité pour son soutien des résidents de Zhenghou dans leur combat contre les démolitions forcées -, elle est restée près d’un an en détention avant d’être jugée. Sa grève de la faim est une protestation contre la violation de ses droits de détenue, notamment le libre choix des avocats, la liberté de visite de ses avocats, l’acceptation des témoins de la défense, la liberté laissée au public d’assister au procès. (Weiquanwang, 15/06/2015)

* Guo Bin, directeur du Centre Zhongyixin qui œuvre en faveur des handicapés, a été arrêté au chevet d’un enfant de deux ans qui avait subi une opération à Shenzhen ; Yang Zhanqing, défenseur des droits des consommateurs, a été appréhendé à Huizhou (Guangdong). Ces arrestations comme celles des cinq femmes qui avaient manifesté en mars contre le harcèlement sexuel, expriment pour de nombreuses O.N.G. la volonté du Parti de mettre au pas des organismes qu’il ne contrôle pas suffisamment. (S.C.M.P., 12/06/2015)

* L’annuelle veillée aux chandelles des démocrates de Hongkong, en commémoration des massacres survenus à Tiananmen et dans les provinces (4 juin 1989), associera en pensée cette année les quelque 300 militants de Chine populaire emprisonnés pour avoir défendu le mouvement de Hongkong en faveur d’un suffrage universel authentique. Une vingtaine de ces militants se trouvent toujours en détention, sans qu’ait été lancée contre eux une action judiciaire régulière. Les démocrates de Hongkong veulent ainsi marquer l’unité de la lutte pour les droits civiques en Chine dans le seul lieu du territoire où est permise la commémoration de la répression. (S.C.M.P., 21/05/2015)

* La loi sur la Sécurité nationale qui devrait être adoptée par l’Assemblée nationale populaire dans sa  prochaine  session  comprend  plusieurs  dispositions  qui  inquiètent le mouvement démocrate et qui contreviennent ouvertement à la résolution adoptée en septembre 2014 par le Comité des droits de l’Homme des Nations unies.

• La notion de sécurité nationale s’étend (art.2) aux «menaces qui pèsent sur le développement économique et social durable», en contravention des choix du Comité des droits de l’Homme des Nations unies pour qui il n’est pas justifié de restreindre les droits de l’Homme au nom d’intérêts commerciaux, bancaires ou scientifiques (2011)
• Le projet affirme (art.20) la nécessité d’une «ferme orientation idéologique» et d’une lutte contre «les infiltrations culturelles négatives» : il s’agit des concepts de démocratie constitutionnelle, de droits de l’Homme, de liberté de la presse, du règne de la loi etc., considérés comme des exportations impérialistes du monde occidental.

• Le projet prévoit (art.22) de punir «l’exploitation de la religion pour mener des activités illégales et criminelles» et d’interdire les «organisations du culte illégales».

• Il affirme (art.26) qu’il faut réprimer «la dissémination d’informations nuisibles et contraires à la loi», ce qui couvre largement le champ des discussions qui se développent sur l’internet.

• Les individus comme les personnes morales auront la responsabilité «de maintenir la sécurité nationale» (art.74). Ces termes vagues impliquent en principe l’obligation de délation et la punition, a contrario, de ceux qui apportent un quelconque soutien à ceux qui mettent en danger la sécurité nationale. Dans l’ensemble, le texte de loi assimile à une menace sur la sécurité nationale toute action ou expression qui pourrait atteindre, d’une manière ou d’une autre, l’autorité du Parti. (C.H.R.D., 21/05/2015) 
* Un projet de loi sur les ONG étrangères inquiète ces militants qui y voient une grave restriction à la liberté d’association et un pouvoir accru de la police sur les activités de la société civile. L’enregistrement se fera auprès des services de la Sécurité publique, comme si ces organisations constituaient une menace. Rappelons  les incarcérations de Xu Zhiyong (fondateur de Gongmeng, l’Alliance des citoyens), de Chen Boyang (co-fondateur du groupe Yirenping), de Guo Yushan (co-fondateur de l’Institut de la Transition) et Wu Rongrong, fondatrice du Centre Weizhiming pour la défense des droits des femmes. Les organisations ayant des liens hors du territoire ne pourront exercer leur activité que si leurs partenaires étrangers se sont eux-mêmes enregistrés auprès de l’administration chinoise. (C.H.R.D., 28/05/2015)

* Arrestation pour dix jours du militant des droits civiques Wu Guan, pour « troubles à l’ordre public et injures verbales ». Il s’était joint aux manifestations d’avocats, qui se déroulaient depuis trois semaines devant la Cour suprême de la province du Jiangxi. 25 avocats se sont mobilisés pour dénoncer un refus d’accès aux documents du dossier dans une affaire de viol, de meurtre et de pillage, pour laquelle quatre innocents ont été torturés et condamnés à tort ; ils apportent leur soutien aux plaignants et à leurs familles. (S.C.M.P 27/05/2015) 

* Condamnation  à  7 ans  d’emprisonnement  de  la  journaliste  Gao  Yu,  accusée de «dévoiler des secrets d’État». Arrêtée en avril 2014, elle a toujours rejeté l’accusation, dont le libellé est souvent utilisé pour faire taire les journalistes. Elle avait mentionné le contenu d’une circulaire du Parti – le document n°9 – demandant aux cadres de rejeter notamment les «valeurs universelles» et la «démocratie constitutionnelle à l’occidentale». Gao Yu a déjà passé sept ans en détention. Elle a fait appel de la décision le 24 avril. (A.F.P., S.C.M.P., Le Monde, 17-26/04/2015) 

* Remise en liberté sous caution des 5 manifestantes arrêtées les 6 et 7 mars, pour avoir voulu manifester contre le harcèlement sexuel dans les transports publics. Cette arrestation avait soulevé une vive émotion dans le pays comme à l’étranger. Elles restent toutefois suspectées de délit et leur liberté est restreinte.  L’une d’entre elles a déclaré avoir subi un interrogatoire de 8 heures, au cours duquel elle a été insultée et humiliée jusqu’à épuisement physique et moral. Lors de sa détention, elle n’avait pu prendre ses médicaments et avait dû dormir sur le sol. (Reuters, 14/04/2015 ; Associated Press, 25/04/2015)  

* Arrestation pour «provocation de querelles et création de troubles» ainsi que pour «incitation à la subversion du pouvoir d’État» de Chen Yunfei, un ancien participant du mouvement démocratique de 1989, actif dans la défense des droits civiques et la lutte contre la corruption. Il est détenu près de Chengdu (Sichuan) et fut arrêté peu de temps après s’être rendu avec un groupe d’amis sur la tombe d’une des victimes de la répression de 1989. Le fait semble sans rapport avec les accusations portées contre lui, à la fois criminelles et politiques comme il est à présent souvent le cas. (R.F.A., 7/04/2015)

* Le militant des  droits  de  l’Homme  Guo  Feixiong  affirme  que  des  détenus  de  la prison de  Guangzhou  où  il  est  incarcéré  sont  sujets  à  des  abus  sexuels  et soumis à des tortures. Guo est détenu depuis août 2013 pour «rassemblement de foule dans le dessein de détruire l’ordre public» ; il avait participé à la dénonciation de la censure qui avait frappé le Southern Weekly en janvier 2013. Son verdict n’a toujours pas été prononcé. (S.C.M.P., 4/04/2015) 

* Des juges et huissiers du tribunal du district Tongzhou à Beijing ont attaqué physiquement l’avocate Cui Hui, qui demandait que soit enfin statué sur une affaire en cours. Les coups, portés notamment au visage, n’ont cessé qu’après intervention d’une collègue. Cui Hui a été hospitalisée. Les deux juges qui l’avaient agressé n’ont pas été placés en détention et la police a refusé de prendre en compte le constat médical de ses blessures. Le 13 avril, le tribunal dont relèvent les deux juges a annoncé qu’il ouvrait une enquête interne. (Weiquanwang, 13-16/04/2015)  Selon le groupe China Human Rights Defenders et son rapport annuel Silencing the Messenger (voir la référence dans la documentation du bulletin de mars 2015), les violences exercées à l’encontre des avocats ont atteint un nouveau sommet ces deux dernières années.

 

 

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