AVOCATS ET MILITANTS PERSECUTES

Le réseau C.H.R.D. rappelle trois cas survenus en avril et mai dernier de violences envers des avocats. Il les a soumis au Conseil des droits de l’Homme des Nations uniesLa licence professionnelle de Maître Tang Jingling  fut retirée en 2005, en raison du soutien qu’il avait apporté aux villageois de Taishi (Guangdong) qui se battaient pour écarter des notables corrompus. Il a signé la Charte 08, dont un des inspirateurs est le Prix Nobel de la Paix incarcéré Liu Xiaobo. Il a plaidé dans de nombreuses affaires sensibles, notamment pour la sœur du militant aveugle et sourd Li Wangyang, retrouvé mort dans sa cellule en 2012 après diffusion d’un entretien par une télévision de Hongkong.
Le mouvement fondé par Tang Jingling en 2006 préconise la désobéissance non violente dans la lutte pour la démocratie et les réformes politiques. Il se bat pour l’octroi d’une pension de retraite universelle pour les personnes âgées et pour le droit des femmes.
Le pouvoir a pris des mesures pour que le procès se déroule sans encombres : la police a contraint l’épouse de Tang Jingling à partir pour la campagne ; des militants locaux sont assignés à résidence ; d’autres ont été convoqués pour des «entretiens» d’avertissement.

En mai 2014, à l’approche du 25ème anniversaire du massacre de 1989, la police avait procédé à une série d’arrestations destinées à prévenir toute manifestation d’envergure. Au total, 13 militants et avocats se trouvent encore en détention dont Tang Jingling, Yuan Xinting et  Wuang Qingying ainsi que la journaliste Gao Yu, condamnée à 7 ans de prison et l’avocat Pu Zhiqiang.
Le groupe de travail du Conseil des droits de l’Homme des Nations unies sur les détentions arbitraires a demandé la remise en liberté des trois inculpés en novembre 2014 et l’octroi d’une indemnité compensatoire pour détention arbitraire. Comme à l’accoutumée, la Chine a ignoré cette demande.

Juin 2015

Le réseau C.H.R.D. rappelle trois cas survenus en avril et mai dernier de violences envers des avocats. Il les a soumis au Conseil des droits de l’Homme des Nations unies.

  • Deux juges et trois huissiers ont attaqué Cui Hui, du cabinet Hengqing, au tribunal Dongzhou de la capitale, alors qu’elle réclamait l’exécution d’un ordre de justice le 2 avril. Les médecins ont constaté des blessures au cuir chevelu et aux orbites et de légers hématomes sur 40% de son corps.
  • Le 9 mai, des policiers de Beijing ont agressé l’avocate Li Yuhan, du cabinet Dunxin, qui faisait état du comportement illégal des fonctionnaires locaux et de leur obstruction à la procédure judiciaire. Ils l’ont frappée à la tête, lui faisant perdre conscience. Les médecins ont constaté des coups sur le dos, la tête, les membres et le ventre. Ces blessures l’ont empêchée de reprendre le travail.
  • Le 17 mai, une vingtaine d’individus armés de bâtons et de couteaux ont attaqué l’avocat Xie Yang du cabinet Gangwei, alors qu’il s’entretenait avec ses clients à Nanning (Guangxi). Sa jambe droite est fracturée ; il souffre de multiples contusions. La police n’a pas répondu à ses appels à l’aide. Il a été inculpé de «rassemblement de foule pour provoquer une bagarre».

Juin 2015

Dans une lettre adressée à Mme Gabriela Knaul, Rapporteur spécial sur l’indépendance des juges et des avocats auprès du Haut Commissariat aux droits de l’Homme des Nations unies, l’organisation Chinese Human Rights Defenders attire l’attention sur les refus de visite d’avocats dont sont victimes les militants des droits civiques, en particulier dans la période récente. Ces refus contreviennent à l’article 37 de la loi de procédure criminelle (la rencontre détenu-avocat doit se tenir dans les 48 heures de la demande) et l’article 33 de la loi sur la profession d’avocat qui garantit ce droit de rencontre.

La lettre cite vingt cas d’infraction, soit par interdiction pure et simple de rencontre, soit par retard prolongé d’autorisation de rencontre.

  • Sept concernent des avocats défenseurs des droits de l’Homme, eux-mêmes détenus : Chang Boyang (inculpé le 27 mai), Ji Laisong (arrêté le 26 mai), Tang Jingling (inculpé le 16 mai), les trois avocats Jiang Tianyong, Tang Jitian, Wang Cheng et Zhang Junjie (arrêtés le 22 mars).
  •  Treize concernent des militants des droits civiques : les six militants du Henan Liu Diwei, Yu Shiwen, Chen Wei, Dong Guangping, Hou Shuai, Fang Yan arrêtés entre le 30 mai et le 3 juillet, auxquels s’ajoute Mme Jia Lingmin, arrêtée en mai et qui ne peut rencontrer son avocat qu’au mois d’août ; le militant de Hangzhou (Zhejiang) Lü Gengsong (inculpé le 8 juillet), les activistes du Guangdong Huang Wenxun, Yuan Fengchu et Yuan Xiaohua (arrêtés en mai 2013); le professeur ouïghour Ilham Tohti (détenu depuis le 15 janvier) ; la journaliste dissidente Gao Yu (arrêtée le 30 mai).

Octobre 2014

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