ENFERMEMENTS PSYCHIATRIQUES DE DISSIDENTS

Le site Chinese Human Rights Defenders attire l’attention sur la persistance des internements psychiatriques de dissidents et pétitionnaires, trois ans après la loi sur la Santé mentale (1 mai 2013) qui les interdit. Il relève entre autres les cas de :

• Xing Shiku, militant ouvrier du Heilongjiang, détenu depuis 2007, parfois enchaîné et soumis à des chocs électriques, bien que ses médecins assurent qu’il ne souffre d’aucun trouble. Il avait dénoncé les pratiques corrompues des dirigeants de l’entreprise d’État où il travaillait lors du processus de privatisation.

• Xia Funian, pétitionnaire du Hunan, enfermé depuis trois ans, sans diffusion des résultats d’examen psychiatrique. Il avait protesté contre les comportements inconvenants de la police lors d’une enquête menée dans le district de Longhui.

• Wang Hedi, pétitionnaire du Jiangsu, détenue à cinq reprises pour un total de 74 jours. Son dernier enfermement date du 29 janvier dernier et a duré dix jours. Elle proteste contre la démolition de sa maison en 1996 et contre un accident de la circulation qui a estropié son fils.

• Zhang Wenhe, dissident de Beijing, relâché en novembre 2015 après un enfermement de plus de 20 mois. Interné cinq fois, pour un total de 33 mois. Il a participé aux manifestations en faveur de la démocratie depuis la fin des années 70 ainsi qu’aux activités des églises chrétiennes

Le régime de l’enfermement psychiatrique des dissidents est rigoureux : pas de visites, pas de contacts avec des avocats, pas de communication des dossiers d’internement. Les prisonniers subiraient différents traitements chimiques, dont on ne leur communiquerait pas la nature. Ce type de détention sert aussi de substitut au régime de rééducation par le travail, officiellement aboli en mars 2014. Les libérations sont souvent conditionnées à la reconnaissance par le détenu d’une maladie mentale fictive et la négation des mauvais traitements qui ont pu lui être infligés. Le Comité des Nations unies contre la torture en novembre 2015 déplorait cette pratique de l’enfermement psychiatrique et notait que l’administration chinoise ne répondait pas aux questions posées, ni sur la violation des droits des prisonniers ni sur les dommages obtenus en cas d’enfermement abusif

 

 

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