FIL D’ACTUALITES Expression & Information (2ème trimestre 2016)

* Le tribunal de Beijing donne trois jours à un ancien rédacteur en chef de la revue Yanhuang Chunqiu pour présenter des excuses publiques : il aurait terni «la réputation et l’honneur» de familles de héros de la guerre contre le Japon en doutant de la véracité de la propagande officielle, à savoir que cinq combattants se seraient jetés du haut d’une falaise pour échapper à l’armée nipponne. L’article paru en 2013 suggérait que deux d’entre eux avaient refusé de se suicider. Yanhuang Chunqiu faisait appel à des vétérans du Parti et avait gardé un ton indépendant ; il se permettait d’examiner avec liberté l’histoire officielle. Le 4 janvier 2013 peu après l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping, les autorités avaient fermé son site internet, un éditorial ayant abordé le sujet tabou des réformes politiques et du gouvernement constitutionnel ; en mars 2015, il avait dû sur ordre annuler son dîner annuel. (A.F.P., 27/06/2016)

* Disparition de Lu Yuyu, créateur du site Pas dans les Nouvelles, et de sa compagne Li Tingyu. Ils diffusaient sur Weibo, l’équivalent de Twitter, des informations sur les manifestations de la population chinoise et en tenaient un répertoire. Ils en avaient repéré 9.869 depuis le début de l’année et 28.950 en 2015. La dernière émission date du 14 juin.  (GlobalVoices 23/06/2016 ; C.P.J., 28/06/2016)

* Le Quotidien du peuple demande des punitions sévères pour les responsables des programmes télévisuels qui se moquent de la politique du gouvernement ou font du battage sur des sujets à la mode. Les medias, affirme l’article signé du chef-adjoint du Bureau central de la presse, doivent suivre strictement la ligne du parti et faire preuve d’une «loyauté sans limite» envers le parti et le peuple. Le Bureau a également défini les limites dans lesquelles des émissions de télévision pouvaient s’inspirer de programmes étrangers. (S.C.M.P., 20/06/2016)

* Disparition forcée de l’écrivain Tie Lu (de son vrai nom Huang Zerong, 82 ans), vivant à Chengdu (Sichuan). Il avait déjà été détenu cinq jours à la fin mars pour « instigation de querelles et provocation de troubles ». Ce même motif avait justifié son internement pour cinq mois en septembre 2014. À sa sortie, la police lui a imposé de déménager de Beijing à Chengdu. Il avait passé plus de 20 ans en camp de travail de 1957 à 1980, comme «élément droitier». (C.P.J., 20/05/2016)

* De février 2013 à novembre 2014, dans le district de Ganzhou (Jiangxi), les chercheurs de l’Université de Harvard ont identifié 43.800 messages, dont 99 % envoyés par des employés relevant de 200 agences gouvernementales. Ils estiment à 488 millions le nombre de commentaires envoyés chaque année pour répondre aux critiques du public. Bien qu’appelés « la bande des cinquante centimes », les auteurs des commentaires seraient pour partie des volontaires non rémunérés à la tâche mais payés parce que salariés de l’administration. Leur travail se distingue de la censure, qui supprime les messages ou ferme les sites. (S.C.M.P., 19/05/2016)

* Les cybernautes chinois n’ont pu prendre connaissance sur la toile des révélations apportées par les «Panama Papers», concernant les placements en paradis fiscal opérés par plusieurs figures politiques et par des proches du chef de l’État et président du Parti Xi Jinping. Les médias nationaux se sont contentés de notes courtes qui ne parlaient pas de personnalités chinoises. (Reuters, 4/04/2016).

* Condamnation à mort de Huang Yu, employé d’un institut de recherche de Chengdu (Sichuan) spécialisé dans les communications cryptées. Il aurait livré 150.000 documents classés secrets à des services de renseignement étrangers (non précisés). Son arrestation date de 2011. Son épouse a été incarcérée pour cinq ans et son beau-frère, pour trois ans.29 de ses collègues ont aussi subi des sanctions. (S.C.M.P., 19/04/2016)

* Le contrôle de l’internet n’a pour objet que la sécurité du pays et la véracité des informations qui circulent ; il n’est pas dirigé contre les sociétés étrangères et ne viole pas les engagements commerciaux du pays, affirme l’Administration nationale de l’internet. Ce bureau répond ainsi aux observations formulées par le Bureau du représentant américain au commerce (U.S.T.R.) qui dans son dernier rapport annuel notait que le resserrement de la censure depuis l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping constituait une charge significative pour les firmes extérieures et pour les cybernautes. 80 % des sociétés américaines interrogées en janvier 2016 par la Chambre de Commerce américaine en Chine estimaient que ces contrôles de l’information avaient des effets négatifs. (Reuters, 11/04/2016)

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