FIL D’ACTUALITES Citoyens & militants (4ème trimestre 2016)

* Ouverture annoncée du procès de Chen Yunfei devant un tribunal de Chengdu (Sichuan) pour « querelles et provocation de troubles ».  Il avait été arrêté en mars 2015 pour « incitation à la subversion du pouvoir d’État » après organisation d’une cérémonie en souvenir des victimes du massacre de 1989 à Beijing.  Les combats de Chen Yunfei l’ont exposé à plusieurs reprises à la brutalité de la police et de voyous chargés de l’intimider. Sa famille n’a été informée de son arrestation qu’après dix jours, alors que la loi de procédure criminelle (art.83) prévoit la notification dans les 24 heures. Ses avocats ont éprouvé de nombreuses difficultés pour le rencontrer et n’ont eu aucun contact pendant six mois bien que la même loi impose une visite dans les 48 heures sur demande.  (C.H.R.D., 23/12/2016)

* Sous le titre « Qui désire le plus renverser le régime chinois », une vidéo diffusée par le ministère chinois de la Sécurité publique accuse directement deux personnages du Mouvement des parapluies de Hong Kong 2014, l’étudiant Joshua Wong Chi-fung et le professeur Benny Tai Yiu-ting, d’agir en liaison avec des forces étrangères. L’action pour un suffrage universel authentique, sans candidats présélectionnés par Beijing, est présentée comme une action subversive téléguidée par les États-Unis pour semer le trouble dans une cité pacifique. (S.C.M.P., 21/12/2016)

*Sans informer la famille ni demander son accord, le service médical pénitentiaire a prélevé le cœur et le cerveau du dissident Peng Ming, mort « subitement » le 29 novembre en prison dans des conditions peu claires. Des quatre personnes de la famille autorisées initialement à assister aux funérailles, seule la sœur du défunt a finalement obtenu un visa. Cette dernière demande le report de la crémation et qu’une autopsie soit confiée à un expert international. Peng Ming, qui avait obtenu le statut de réfugié politique aux États-Unis, avait été enlevé en 2004 à la frontière thaïlando-birmane et condamné à la détention à vie le 12 octobre 2005. (R.F.A., 12/12/2016)

* La Fondation chinoise pour l’Éducation démocratique (Californie) décerne son prix à l’avocat Tang Jingling pour son action en faveur des droits de l’Homme, des libertés et de la démocratie. Tang Jingling est connu pour sa défense des paysans victimes d’expropriation et en lutte contre la corruption des notables. Il est détenu depuis le 16 mai 2014, Le 29 janvier 2016, un tribunal l’a condamné à cinq ans d’incarcération. (China Aid, 6/12/2016)

* Mort en détention de Peng Ming, prisonnier politique condamné à vie. Certains pensent qu’il s’agit d’un assassinat ; il semblait en bonne santé le 24 novembre dernier. Peng Ming fut un brillant homme d’affaires dans les années 90. En 1998, il fonde avec des dissidents l’Union chinoise du développement qui se donne comme objectifs le respect des droits de l’Homme, la sauvegarde de l’environnement et l’établissement d’un régime constitutionnel. Il fut alors condamné à 18 mois de camp de travail. Parti aux États-Unis à la fin de sa peine, il prit nettement position contre le régime et proposait de le remplacer par une fédération pluripartiste. Il fut enlevé en Thaïlande en mai 2004, rapatrié en Chine et condamné à vie le 12 octobre 2005. On a dit qu’il souhaitait organiser une résistance armée sur la frontière sino-birmane. Le cas de Peng Ming rappelle celui de Wang Bingzhang, enlevé en 2002 au Vietnam, condamné lui aussi à la prison à vie et détenu actuellement à Shaoguan (Guangdong). (China Change, 30/11/2016)

* Arrestation du  militant des droits civiques Huang Qi, directeur du Centre pour les droits de l’Homme 64 Tianwang. Un de ses collaborateurs Pu Fei, qui avait averti de l’arrestation, a disparu lui aussi (28/11/2016)

* Liu Feiyue, le fondateur du site Minsheng Guancha spécialisé dans la lutte pour les droits de l’Homme, a été arrêté pour « subversion du pouvoir d’État » en début de mois. Fondé en 2006, le site Minsheng Guancha fait état des protestations, des réquisitions de terre, des « disparitions forcées », de faits de corruption, d’internements psychiatriques et autres faits ignorés par la presse officielle. (A.P., 25/11/2016)

* Disparition de l’avocat Jiang Tianyong lors d’un voyage entrepris pour visiter la famille de l’avocat emprisonné Xie Yang. Jiang Tianyong a pris en charge plusieurs dossiers sensibles, notamment ceux de l’avocat Gao Zhisheng et du juriste aveugle Chen Guangcheng, ainsi que ceux des paysans de Taishi (Guangdong) qui dénonçaient la corruption des dirigeants du village. Il avait aussi défendu des membres de la secte persécutée Falungong.  Interdit d’exercice professionnel en 2009, il était resté actif notamment en apportant son soutien aux nombreux confrères placés en détention en juillet 2015. En mars de l’année précédente, il avait été arrêté avec trois collègues : Tang Jitian, Wang Cheng et Zhang Junjie alors qu’ils demandaient la libération de prisonniers détenus dans l’illégalité ; il était sorti des 15 jours de détention avec 8 côtes fracturées. Jiang Tianyong savait qu’il pouvait être arrêté à tout moment et s’efforçait de dormir chaque jour dans un lieu différent. La France, l’Allemagne et les États-Unis ont demandé des informations à son sujet. (R.F.A., 23/11/2016 ; Associated Press, 24/11/2016 ; China Change, 29/11/2016)

* L’avocat de Zhang Haitao, Chinois d’Ouroumtchi (Xinjiang) condamné le 15 janvier 2016 à 15 ans de prison pour « subversion du pouvoir d’Etat », a rencontré son client. Il serait menotté depuis le début de l’année, contraint de rester assis et non autorisé à se déplacer. Le véritable motif de sa condamnation se trouve dans les entretiens qu’il a accordés à la Voix de l’Amérique et à Radio Free Asia entre 2010 et 2015. (China Change, 21/11/2016)

* Un tribunal de Lishui (Zhejiang) a condamné à quatre ans et demi d’emprisonnement et 180.000 yuan d’amende Cheng Kangming, qui était détenu depuis septembre 2014. En août 2014, il avait remis un dossier au Groupe d’inspection centrale sur des malversations commises à Qingtian (expropriations illégales, usage de fausses plaques d’immatriculation). Cheng Kangming avait créé le site internet Justice et lutte contre la corruption ; les autorités l’avaient fermé en 2011. (Weiquanwang, 20/10/2016)

* Arrestation pour « fraude à la carte de crédit » du militant du Guangdong Xiao Yuhui. Au cours du mois précédent, il avait aidé les familles victimes de la politique du planning familial à obtenir des indemnisations. La police a dit à sa famille que son cas mettait en jeu la sécurité nationale et qu’il ne fallait pas chercher à connaître le dossier. Elle a saisi les téléphones et les ordinateurs. (Weiquanwang, 6/10/2016)

* L’avocat Liu Zhenqing n’a pu rencontrer son client Wang Yiming les 29 et 30 septembre dans sa prison de Wuhan (Hubei). Il l’avait visité le 5 septembre et Wang Yiming portait des marques visibles de torture. Le détenu n’avait pas le droit de quitter sa cellule et subissait diverses mesures répressives, après qu’il avait porté plainte contre la basse qualité de la nourriture fournie et le défaut de médicaments. Il a été condamné en janvier 2015 à onze ans de prison pour « incitation à la subversion du pouvoir d’État ». (Weiquanwang, 30/09/2016)

* Un tribunal du district de Gangzha (Jiangsu) condamne pour avoir « suscité des querelles et instigué des troubles » la militante Shan Lihua à 27 mois de prison. De juin 2013 à Mars 2014 elle avait diffusé des commentaires sur les brutalités policières et la corruption des fonctionnaires. Elle était détenue depuis novembre 2015. (Weiquanwang, 30/09/2016)

* Un tribunal intermédiaire de Xianning (Hubei) condamne Huang Wenxun à cinq ans de prison pour « incitation à la subversion du pouvoir d’État » et mise en danger de la sécurité du pays. Il avait organisé des tournées des droits de l’Homme pour encourager à l’activisme civique et pour défendre la suprématie de l’état de droit. Arrêté le 25 mai 2013, Huang a été détenu 37 mois sans voir un juge ; il a été torturé à plusieurs reprises. Ses avocats ont été fréquemment interrompus par le juge lors du procès et n’ont pu développer leurs arguments. (Weiquanwang, 8/10/2016)

* Les avocats de Jia Jinglong apprennent que leur client a été condamné à mort le 31 août. Le verdict a soulevé une grande émotion en raison de son injustice et de sa disproportion avec les faits incriminés. Jeune villageois des environs de Shijiazhuang (Hebei), Jia Jinlong avait rénové de fond en comble sa maison en préparation de son mariage. Les  6 et 7 mai 2013, la municipalité a entrepris, sur ordre de son maire, de détruire la construction et, devant sa résistance au second étage, des voyous ont emmené son père et frappé des cousins venus le secourir. Puis ils l’ont terrassé et frappé jusqu’au sang. Il fut accueilli dans un local de la police pour une déposition. Le lendemain un incendie détruisait entièrement cette maison. Aucune de ses démarches pour obtenir réparation n’aboutit. Le 19 février 2015, Jia Jinglong a tué le maire du village qui avait démoli sa maison et sa vie. L’autorisation d’exécution donnée le 31 août par la Cour suprême apparaît à beaucoup comme l’octroi aux détenteurs du pouvoir du droit d’agir à leur guise et comme l’interdiction faite au petit peuple de leur résister. (China Change, 23/10/2016)

* 17 octobre. Début pour une semaine d’une campagne de confessions télévisées dite « Toujours en route ». La première émission concernait entre autres deux anciens vice-présidents de la Commission militaire du Comité central : Guo Boxiong, condamné à vie en juillet dernier, et Xu Caihou, décédé de maladie entretemps. L’émission s’est attachée à exposer les richesses accumulées par les délinquants, leurs superstitions et leurs dépenses princières. La confession en public permettrait d’espérer un allègement des peines, d’abord par la reconnaissance d’une culpabilité réelle, ensuite par la dénonciation des comparses qui peut être considérée comme une contribution au travail d’enquête judiciaire. Cette série semble préparer le pays aux grands changements à venir dans l’équipe dirigeante et au renforcement de l’autorité personnelle de Xi Jinping lors du Congrès de 2017. Elle expose les résultats atteints par la direction de l’Etat et maintient la menace sur les nombreux cadres à comportement répréhensible.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s