FIL D’ACTUALITES Ouvriers & Paysans (4ème trimestre 2016)

* Une grande partie des 1000 fabriques de vêtements du Changsu (Jiangsu) emploient des enfants venus de la province méridionale du Yunnan. Certains ont moins de 16 ans, en violation de la loi chinoise. Les salaires des quelque 6000 ouvriers vont de 1000 à 2000 yuan (136 à 272 euros), soit le tiers ou les deux tiers des salaires locaux. Certains ouvriers travaillent 28 jours par mois, de 7h30 à 22h. Les salaires ne sont payés qu’en fin d’année, et à condition que les enfants n’aient pas quitté l’usine. (S.C.M.P., 22/11/2016)

* Six ouvriers migrants de Shenzhen (Guangdong) assignent en justice le Bureau des ressources humaines et de la Sécurité sociale, qui ne leur accorde pas les pensions auxquelles ils pensent avoir droit. Ce droit n’est ouvert qu’après 15 ans de paiement des cotisations sociales. L’issue du procès, qui doit s’ouvrir en décembre, décidera du sort de cette fraction la plus nombreuse de la population ouvrière. Le versement retardé des cotisations est autorisé mais n’est pas souvent mis en pratique. Les fonds versés dans une province sont gérés par celle-ci et ne sont pas aisément transférés vers les caisses d’un autre lieu de travail. Le problème prend de l’importance alors que l’âge moyen des 277 millions de migrants s’élève, avec 50 millions d’entre eux dépassant 50 ans. Faute de retraite, nombre de migrants âgés survivent en restant actifs ou sont à charge de leurs enfants. (S.C.M.P., 20/11/2016)

* Le Comité sur la liberté d’association de l’Organisation internationale du Travail demande au gouvernement chinois de laisser les militants ouvriers récemment jugés et condamnés au Guangdong « continuer de fournir sans entrave leurs services de conseil aux ouvriers ». Arrêtés le 4 décembre 2015, les employés du Centre social de Panyu,  Zeng Feiyang, Zhu Xiaomei et Tang Huangxing avaient été accusés de « rassembler des foules pour détruire l’ordre social ». Le rapport intérimaire de l’O.I.T. estime que leur arrestation constituait « une grave interférence avec les libertés civiles en général et avec les droits syndicaux en particulier ». La Confédération internationale des syndicats avait déposé plainte à ce propos contre le gouvernement chinois le 15 février 2016, après arrestation de plus de 50 militants ouvriers en décembre 2015. L’O.I.T. note de nombreux obstacles à la liberté d’association en Chine en violation des dispositions constitutionnelles et relève l’absence de ratification de ses deux conventions sur les droits des travailleurs. (C.L.B., 14/11/2016).

* Condamnation du militant ouvrier Meng Han à 21 mois de prison par un tribunal de Panyu (Guangdong), pour « rassemblement de foule dans le dessein de détruire l’ordre public ». Le Centre ouvrier de Panyu, où il travaillait, aidait les salariés dans l’organisation de négociations collectives, jouant le rôle auquel la Fédération officielle des syndicats se refusait. Meng Han était détenu depuis décembre 2015 et, en violation de la loi de procédure criminelle (art. 33 et 37), n’a pu avoir que des contacts limités avec son avocat. Sa famille a dû déménager, après des attaques de voyous contre leur appartement. Trois des responsables du Centre de Panyu ont été condamnés le 26 septembre à des peines de prison avec sursis. Le verdict est plus lourd pour Menghan, déjà condamné en 2014 à neuf mois de détention, puis relâché après appel. (C.L.B., 3/11/2016)

* Venus d’un peu partout en Chine, un millier de soldats ont manifesté à Beijing devant le ministère de la Défense. Ils souhaitent seulement être mieux traités, les vétérans faisant valoir qu’ils ont risqué leur vie pour le pays. Les réductions en cours de 300 000 places de soldats inquiètent les militaires et en particulier les commissaires politiques, dont le nombre devrait beaucoup diminuer. (A.P., 17/10/2016)

* 61 millions d’enfants ruraux – soit 35,6% des enfants de moins de 17 ans – vivent sans soins quotidiens de leurs parents, lesquels sont partis en ville pour y chercher du travail. On compte officiellement 247 millions de travailleurs migrants en 2015, d’un âge moyen de 29,3 ans. De nombreuses municipalités refusent aux enfants de migrants l’entrée à l’école comme l’accès aux soins médicaux. La vie difficile et la précarité de logement des migrants en ville expliquent aussi ces séparations familiales. Le pourcentage des enfants isolés atteint 44% dans les provinces de grand exode rural de l’Anhui, du Henan et du Sichuan. Leur solitude favorise des abus de toutes sortes et des situations dramatiques qui ont ému la société chinoise. Les salaires mensuels des deux tiers des migrants, selon cette étude, varient entre 2.200 yuan et 5.000 yuan (300 € et 680 €). 5% gagnent plus de 8.000 yuan (1.000 €.) (S.C.M.P., 21/10/2016)

* Le nombre des milliardaires en dollars (individus ou familles) est passé de 335 à 400 en un an, selon l’étude annuelle Forbes sur la richesse chinoise. Il dépasse celui des ÉtatsUnis. La fortune des intéressés a augmenté de 14% dans l’année pour atteindre 947 milliards de dollars. La concentration des revenus permet aussi à la Chine d’occuper la première place mondiale pour la consommation de produits de luxe. En revanche, l’index établi par la Charities Aid Foundation de Londres pour mesurer la générosité des plus fortunés place les Chinois en queue de liste mondiale et au 140 ème rang (le 1er rang revient à la Birmanie).  L’index reflète le pourcentage de la population d’un pays qui donne, offre ses services ou aide les étrangers. (Forbes China Rich List, 27/10/2016 ; Hurun Report, 13/10/2016, Charities Aid Foundation, 10/2016)

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