Pema Gyaltsen Nyagrong, préfecture de Kardze, Sichuan, 18 mars 2017.

Ce 18 mars, à 16h, Pema Gyaltsen白玛坚参, 24 ans, village de MaRi Xiang ( 麻日乡), comté de Nyarong  ( XinLong 新龙县), s’est immolé à un carrefour de la route pour Kardze ( Ganzi 甘孜), non loin du monastère de Tsokha. Il manifestait contre la politique répressive menée par la Chine au Tibet, et criait des slogans demandant la liberté pour le Tibet.

La police promptement arrivée sur les lieux a éteint les flammes et emmené le corps ; à l’heure actuelle nul ne sait si Pema Gyaltsen, surnommé Pegyal ( 白坚) est toujours vivant, ni où il est. Certains disent qu’il aurait été emmené à l’hôpital.Une vidéo d’un témoin prise le soir même montre  la dispersion par la police usant de matraques, d’une foule de Tibétains commotionnés qui se trouvaient à ce carrefour, et l’arrestation de photographes. Toujours dans cette  soirée, environ 10 proches, famille et amis, se sont rendus au poste de police de Kardze pour le voir mais ils ont été jetés en prison, ont été maintenus debout dans la cour toute la nuit et battus, au point que le 19 au matin ils ne pouvaient pas marcher. La police est allée  voir la famille et dire sans donner aucun détails que deux d’entre eux avaient été conduits à l’hôpital de Chengdu. Les autres auraient été relâchés sous la garantie d’un officiel .

D’une famille paysanne très pauvre, Pegyal  n’a pas suivi d’études, il est resté à la ferme pour s’occuper de sa famille, les deux enfants aînés ont quitté le foyer, mais lui a pris en charge ses parents et deux jeunes sœurs .Très respectueux et plein de compassion il avait fait ce choix. Depuis le 10 mars, plus d’une dizaine de comtés tibétains étaient bouclés, les communications verrouillées: dont  Nyarong,新龙Xinlong,  Lithang理塘Litang, Draggo炉霍Luhuo ,  Serthar 色达SeDa ; les verrouillages venaient d’être levés, et depuis tout est à nouveau bloqué, seules les nouvelles officielles passent.La police militaire est partout.

Pegyal est du  village  du jeune  moine Kalsang Wangdu  qui s‘était lui aussi auto-immolé en signe de protestation près du  monastère Retsokha Aryaling, à Nyarong le 29 février 2016

四川甘孜州新龙县 麻日乡

Hommage aux Tibétains ayant choisi l’ultime sacrifice Ils ont donné leur vie

N.B. Des postes de police ont été ouverts à l’intérieur même de certains monastères (par exemple le 24 juin à Labrang), ou bien à leurs pieds d’autres (à Drango, LuoHuo) et des centres de détention ont été construits : à Tsamdo (comté de Driru -Biru en chinois préfecture de Nagchu), dans l’enceinte du très ancien monastère de Muge (préfecture de Ngaba, Aba), près de Zungchu (Songpan)… Néanmoins, rien n’arrête la détermination des Tibétains à protester contre leur assimilation forcée.

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