FIL D’ACTUALITES Citoyens & militants (2ème trimestre 2017)

* Procès devant un tribunal de Shanghai, du militant du travail Hu Changgen, accusé de «susciter des querelles et de provoquer des troubles». Il était détenu depuis juin 2016 pour motif de «fabrication et diffusion de fausses informations terroristes». Venu de l’Anhui, Hu Changgen a travaillé 20 ans à Shanghai comme ouvrier-migrant ; depuis plus d’une décennie, il fournissait sur l’internet des informations concernant les travailleurs-migrants et sur les discriminations dont ils souffrent quant à l’accès aux droits, faute de certificat de résidence (hukou). Il a été à plusieurs reprises mis en détention. (C.H.R.D., 25/04/2017)

* Procès à Wuxi (Jiangsu) de quatre militants – Shen Aibin, Cheng Tianjie, Zhou Xiaofeng et Zhu Bingguan – accusés de «provocation de querelles et création de troubles». Ils faisaient partie d’un groupe de 20 personnes arrêtées à Wuxi en avril 2016. Shen Aibin s’est attaché à mettre la lumière sur la corruption des fonctionnaires et sur l’usage des prisons clandestines utilisées pour les détentions extra-judiciaires. Après avoir sorti d’une prison clandestine cinq pétitionnaires en juin 2013, il avait été condamné à 18 mois de prison pour «dégradation intentionnelle de propriété». Il a déclaré que la police l’avait torturé et contraint à signer des aveux. (C.H.R.D., 23/04/2017)

* La Chine détient huit réfugiés nord-coréens – dont au moins quatre femmes – depuis la mi-mars à Shenyang (Liaoning). Deux des femmes ont été vendues comme épouses ; deux autres souffrent de blessures. La Chine a pour règle de renvoyer ces «immigrés illégaux» vers la Corée du Nord, où ils peuvent craindre les pires traitements. Pyongyang qualifie ces fuites de «trahison envers la nation». On a signalé 41 détentions de Nord-Coréens depuis 9 mois et l’on ignore le nombre des rapatriements ; ceux-ci violent les dispositions de la Convention des Nations unies sur les réfugiés (1951) et le Protocole afférent de 1967. (Human Rights Watch, 23/04/2017)

* Un groupe d’inconnus est entré de force à Beijing chez l’avocate radiée du barreau et militante des droits civiques Ni Yulan. De telles violences se sont déjà produites trois fois cette année, – et huit fois depuis 2013. Ni Yulan et son époux Dong Jiqin sont depuis des années victimes de la répression d’État, de tracasseries administratives, de surveillances, d’escroqueries délibérées et de harcèlements de voyous. Mais ils continuent d’apporter soutien et conseils aux personnes en difficulté, particulièrement aux individus menacés d’expulsion et de démolition d’appartement. En 2016, le Prix international Femme de courage a été décerné à Ni Yulan mais elle n’a pu se rendre aux États-Unis pour le recevoir. Ni Yulan a été condamnée à plusieurs privations de liberté : un an de prison en 2002, puis assignée à résidence en 2008, enfin deux ans et huit mois de détention en 2012 et deux ans pour Dong Jiqin. L’Union Lors de sa première incarcération, elle a été frappée avec violence et a partiellement perdu l’usage de ses jambes ; elle ne peut se déplacer sans aide. La police a enjoint plusieurs fois aux logeurs du couple de résilier le bail en cours et de jeter les occupants dans la rue. Des voyous ont brisé leurs fenêtres ; le couple a été privé de courant électrique et parfois battu par des inconnus ou encore contraint de dormir dans des lieux publics. (Front Line Defenders, 18/04/2017)

* Un tribunal de Tianjin condamne l’avocat défenseur des droits civiques Li Heping à trois ans de prison avec sursis d’exécution de quatre ans pour «subversion du pouvoir d’État». Il est accusé d’avoir attaqué et discrédité l’autorité gouvernementale ainsi que la législation et, en outre, il a accordé des entretiens à des médias non chinois. Le tribunal l’a encore accusé d’avoir utilisé des fonds étrangers et d’avoir eu des relations avec des personnes qui veulent «subvertir la pensée politique nationale». Li Heping est connu pour sa défense de dissidents célèbres tels que Chen Guangcheng et Gao Zhisheng ou de membres de la secte religieuse Falungong. (S.C.M.P., 14/04/2017)

* Un tribunal de Beijing a réduit de 12 à 10 ans de détention la peine prononcée contre l’avocat Xia Lin. Il avait défendu plusieurs personnalités militant pour les droits civiques, tels que l’avocat Pu Zhiqiang, l’artiste Ai Weiwei ou l’un des défenseurs des victimes du tremblement de terre du Sichuan, Tan Zuoren. Même réduite à 10 ans de prison, la peine infligée à Xia Lin est une de plus lourdes qu’aient à subir les avocats. (S.C.M.P., 21/04/2017)

 

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